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Politique

Thème : politisation. Catégorie : exagération. Au jeu !

Emmanuelle M. Masson - 4e secondaire le 21-10-2015 à 14:12


Quand l’anecdote devient le drame
Il est assez amusant de voir comment, en campagne électorale, il est possible de prendre un tout petit élément et d’en faire un gros cas. Un peu comme en improvisation, quand on cherche comment provoquer le conflit de la manière la plus ridicule possible ! Par exemple, quand on entre en jeu en disant à l’autre : « Hé, ton pied droit est sur ma pelouse de quatre centimètres ! » ou bien : « Chéri, je suis allée sur ton ordinateur aujourd’hui et j’ai vu que ton fond d’écran n’était pas une photo de moi mais bien une photo de chaton. Explique-toi, traître ! » En campagne électorale, l’escalade de l’exagération doit profiter, ou nuire, à l’un des joueurs. Par exemple, cette affaire du niqab, qui fait trop de bruit depuis trop longtemps : je veux bien qu’il y ait des opinions, des petits débats là-dessus, mais est-ce obligatoire que cela jette un voile sur les vraies questions que nous devrions tous nous poser en tant que Canadiens et Canadiennes, ces questions auxquelles nous devons avoir des réponses alors qu’il ne reste que quelques jours à la campagne ? On a beau réaliser que c’est stupide, que c’est de la manipulation politique, et pourtant c’est encore un sujet qui se retrouve sur les lèvres de tout le monde.



Il ne faut pas non plus oublier cette fameuse question des eaux usées ! « Une idée saugrenue », décrit Mulcair. Boum, ça vient de ressortir, comme par magie ! Pourquoi monter aux armes maintenant alors qu’Environnement Canada a le dossier en main depuis un an ? La réponse : campagne électorale. Pour ceux qui n’ont pas suivi ce dossier-là, voici un bref résumé : pour exécuter des travaux dans un collecteur, la Ville de Montréal doit déverser des milliards de litres d’eaux usées dans le fleuve Saint-Laurent. Environnement Canada avait le dossier depuis septembre 2014, et ce n’est pourtant que maintenant que l’affaire éclate au grand jour pour outrer les politiciens, y compris notre premier ministre Harper, qui pourtant n’est pas reconnu pour s’être tant préoccupé de l’environnement durant ses mandats. Les Montréalais, eux, ne savaient rien de ce déversement et ont maintenant des difficultés à s’approvisionner en vérité alors que de toutes parts, on fait appel à des scientifiques et des chercheurs qui doivent appuyer l’une ou l’autre des positions. Il va sans dire que Denis Coderre, le maire de Montréal, ne voit pas d’un bon œil la politisation de ce dossier et a donné trois jours (à partir du 6 octobre) aux fonctionnaires d’Environnement Canada pour venir discuter avec lui de ce dossier.



En campagne électorale, souvenez-vous que l’objectif des partis est principalement de gagner le plus de points possible, et ce, souvent par n’importe quel moyen, en cachant ce qui leur nuit et en surexposant ce qui les avantage. C’est pour cela qu’il vaut mieux rester informé du monde politique, même et surtout hors campagne, car c’est lors d’un mandat qu’on voit vraiment les gestes concrets posés par un gouvernement. Sur ce, à la prochaine, chers lecteurs ! N’oubliez pas que vous pouvez réagir sur GoogleDrive à mes articles !

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