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Débat

Avortement et le respect des autres

Emmanuelle M. Masson - 4e secondaire le 2-11-2015 à 14:01


Tout comme j’ai de nouveau abordé le sujet de l’intimidation cette année, j’ai aussi décidé de revenir marcher sur de la glace mince tout en jouant avec le feu en traitant encore une fois de l’avortement. L’été dernier, le débat nous a frappés de plein fouet alors que des partisans pro-vie manifestaient en étant plus ou moins agressifs et/ou intimidants. Que ce soit en campant devant la clinique ou en priant pour que les femmes qui souhaitaient avorter changent d’avis, ces gens-là semblent arriver loin de leur objectif. Plutôt que d’aider les femmes, ils les rendent plus souvent nerveuses et cela risque d’entraîner encore plus de douleur et de risques liés à l’intervention, en plus de porter atteinte à leur vie privée.

Des gens qui veulent imposer leur point de vue aux autres, dans le monde, il y en a des tas. On veut améliorer le monde en le transformant selon notre propre vision, en se disant que notre manière de voir les choses est la bonne. Mais comment une vision unique pour tous pourrait-elle être bonne alors que nous avons tous des parcours différents ? Trop de gens veulent imposer leur pensée en se disant que ce sera pour le mieux, et ce, même si en règle générale il n’y a qu’une personne pour laquelle nous avons le droit de décider… nous-mêmes ! Il y a des limites qui sont franchies bien trop aisément, et dans le cas de l’avortement justement, cette limite se trouve entre le soutien et le harcèlement. Créer des associations, tenter de se faire connaître, créer des liens entre notre association et des cliniques d’avortement… oui, pourquoi pas ? Mais faire le pied de grue devant les cliniques, crier haut et fort que l’avortement est un meurtre, que le bébé mérite de vivre… la limite a été dépassée, et de loin.

Une femme qui considère l’avortement est peut-être troublée, mais pas moins apte à réfléchir si on lui en laisse le temps et qu’on se propose pour l’aider dans sa propre réflexion. Des femmes vont dans les cliniques d’avortement pour obtenir de l’information, pour prendre une décision plus éclairée. Une décision difficile, même une fois prise, ne deviendra jamais facile. Qu’une femme choisisse de garder le bébé ou de subir un avortement, c’est son choix, selon ses propres valeurs, ses propres réflexions. L’important n’est pas de lui faire changer d’avis, c’est plutôt de la soutenir, de l’aider à réfléchir, de l’aider à assumer et accepter son choix tout en maintenant son estime d’elle-même. Voilà de bonnes intentions, voilà ce qu’est un soutien utile et efficace.

Le slogan, à Regina, c’est que tout le monde a sa place au soleil. On peut choisir sa place, on peut choisir si on veut lever les bras vers le ciel ou bien s’asseoir. Le plus important, c’est de se respecter et de respecter les autres. Personne ne voit le ciel comme je peux le voir d’où je suis, et il est probable aussi que je ne regarde pas le même nuage que vous. Et vous non plus, vous n’avez pas la même vision que j’ai sous les yeux. Votre point de vue peut être proche ou alors éloigné du mien. Ce n’est pas grave. Vous pouvez aimer le nuage qui se déploie sous vos yeux, j’aimerai mon propre nuage de mon côté. De toute façon, tous ces nuages sont dans le même ciel, et tous nos cœurs sont réchauffés par ce même soleil…

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