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Décrire des émotions

Emmanuelle M. Masson - 4e secondaire le 6-11-2015 à 18:30


Bonjour, chers lecteurs ! Cette semaine, j’ai décidé de vous livrer quelques suggestions touchant l’écriture. En effet, il arrive que l’on écrive ou que l’on souhaite écrire des histoires ou des nouvelles, mais fatalement, on se heurte à une difficulté : comment faire ressentir à notre lecteur des émotions comme la joie, la tristesse, la colère, ou même la culpabilité… en bref, comment faire ressentir aux gens ce qu’un personnage peut bien éprouver dans les moments les plus intenses ? Évidemment, nous avons tous notre propre style d’écriture, mais j’espère que ces quelques conseils, principalement des idées personnelles, vous aideront tout de même à entraîner un peu plus vos lecteurs dans des tourbillons de sentiments !

1) User des sens de l’être humain. Nous ressentons nos émotions dans tout notre corps, de par tous nos sens. On ressent les émotions au plus profond de nos tripes, de notre âme, plus ou moins intensément. Si, par exemple, le personnage se sent coupable et triste de la mort de l’un de ses proches, il aura l’impression d’avoir du sang sur les mains, il sentira l’odeur de la mort, il verra le monde différemment. Il pourrait même être victime d’hallucinations auditives qui le hantent, il entendrait par exemple la voix du disparu. C’est un truc assez simple, mais tellement oublié.

2) Ne pas avoir d’impression. Parfois, on veut mettre de l’effet en écrivant que tout s’effondre autour du personnage, mais en précisant : « il avait l’impression que tout s’effondrait. » À éviter ! Il ne faut pas diminuer les émotions. Si un personnage est dévasté et que tout est en train de tomber autour de lui, alors ce n’est pas qu’une impression.

3) Des mots puissants pour des émotions puissantes. Le choix du vocabulaire est important lorsque l’on désire transmettre une émotion. Pensez-y : si le personnage de Gériantre déteste Jean, c’est plus intense que si Gériantre n’aime pas Jean. Il faut utiliser des mots et des images fortes. « Détester » et « Adorer » sont des mots forts de sens. Illustrer un combat contre la vie en décrivant une « danse fatale, mais majestueuse » est intense tout en étant imagée.

4) Se créer un environnement favorable. Il y a des petits trucs tout simples, des petits rituels, qu’il est facile d’utiliser en écrivant. La musique a l’avantage d’être accessible partout où l’on va et de nous transporter dans d’autres mondes facilement quand on se laisse prendre au jeu. Si vous voulez décrire un moment heureux, prenez une musique qui vous rend heureux, et ainsi de suite pour toutes les émotions ! Par exemple, les meilleures scènes que j’ai écrites sont des scènes tristes, et c’est en partie parce que je suis capable de ressentir très facilement de la mélancolie grâce à une musique particulière : « Dead Island Theme. ».

5) Faire des liens. Quoi que l’on écrive, il est possible de faire des liens avec des parties précédentes de l’histoire ou encore faire des liens entre les personnages eux-mêmes. Ces rapports apportent quelque chose de particulier à l’histoire, un aspect personnel et touchant. Ce qui amène les émotions chez quelqu’un qui lit un livre, ce ne sont pas seulement les techniques utilisées, c’est aussi le lien spécial développé au fil des lignes avec les personnages. Voilà pourquoi il faut rendre ce lien personnel. En le faisant, on entre dans une autre dimension de l’écriture, celle où notre texte n’est plus seulement quelque chose qui se copie-colle depuis internet, mais bien quelque chose que le lecteur s’approprie. Dans une lettre d’amour, l’amoureux doit ramener des souvenirs et souligner des aspects de leur vie et personnalité, par exemple. Dans les plus petits textes où les gens ne connaissent pas les personnages, des liens se font autrement, entre les métaphores et selon les souvenirs. Par exemple, j’ai déjà écrit un texte funéraire pour une histoire fictive. La sœur, ramenant des souvenirs, exprime son envie de se suicider en disant : « (ma sœur), tu disais que l’amour était une flamme ? Maintenant, ce feu avec lequel nous avons joué me brûle toute entière, et pour éteindre cette douleur, je ne vois comme solution que les profondeurs d’un lac. »

6) On veut le voir, pas le savoir ! C’est une règle d’improvisation assez souvent utilisée, mais elle s’utilise très bien en écriture. On veut constater qu’un personnage est en colère, pas lire : « J’étais intensément en colère ! » Une lecture, c’est un film qu’on se joue dans la tête, et dans un film, parler ne suffit pas. Si Gérard est en colère, il aura un regard fou, il tremblera, il lancera des objets et sera sur les nerfs, aura de la difficulté à se contrôler. Gérard réagira avant de penser.

Je pense que ces six conseils seront suffisants pour l’instant. En dernier lieu, je vous rappelle de ne pas en mettre trop : comme l’un de mes amis (Léo, ancien journaliste au J.E.) me l’a déjà mentionné : « moins, c’est plus. » On aura beau appliquer tous ces trucs à la lettre, s’ils s’étalent sur trois pages complètes, les lecteurs décrocheront et se lasseront. Sur ce, chers lecteurs, bonne semaine, et bon travail d’écriture à ceux pour qui ces petits trucs seront utiles !

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