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Les hommes battus

Emmanuelle M. Masson - 4e secondaire le 8-02-2016 à 14:06


« Cette pression de la virilité à tout prix n’entraîne pas que des problèmes de confiance ou d’estime, cela présente aussi certains problèmes masculins comme ridicules. Par exemple, nombre de petits airs sceptiques naîtront sur les visages en parlant des hommes battus, qui sont peu nombreux, mais bien présents. » En écrivant cette phrase dans l’article précédent, je me basais sur des études que j’avais lues datant des années passées. Il semblerait donc que j’aie fait… une faute ! En effet, au même moment où la discussion a été publiée dans notre journal, une étude est sortie sur La Presse. Jetons un coup d’œil à la violence conjugale et à ce mythe de l’homme intouchable qui vient d’en prendre, justement, un coup.

Même si les femmes demeurent plus nombreuses à avoir été les plus gravement touchées, le nombre d’hommes ayant subi des voies de fait a grimpé. Certains n’en sont pas surpris et d’autres, au contraire, s’étonnent de voir que les hommes peuvent aussi être touchés par la violence conjugale. Les femmes sont-elles surreprésentées à ce chapitre ? Il faut tenir compte cependant que les femmes rapportent plus souvent les sévices dont elles ont été victimes et que les campagnes de sensibilisation sont nombreuses (nous n’avons qu’à penser au hashtag sur Twitter, aux victimes de Marcel Aubut qui ont défrayé les manchettes, etc.) Nous entendons très peu parler des hommes battus parce que l’idée semble absurde : pour des raisons culturelles, les hommes sont souvent imaginés comme la figure forte d’un couple. C’est l’une des raisons qui pousse d’ailleurs ceux-ci à ne pas aller dénoncer leur conjointe ou conjoint : la peur de ne pas être pris au sérieux, d’être raillés, la peur que la police ne les regarde avec un petit sourire méchant. On dit souvent, après tout, que c’est le rôle des hommes de défendre, d’en arriver aux coups, d’être forts, d’avoir le pouvoir et de porter les pantalons. Pourtant, cela fait bien longtemps que les femmes ont elles aussi commencé à porter le pantalon.

Je vous invite ici à lire le témoignage d’un homme qui fut battu pour comprendre un peu mieux comment ces situations méconnues peuvent se produire dans notre quotidien. Vous savez, chers lecteurs, il y a de nombreux moyens pour détruire quelqu’un. On peut le manipuler de nombreuses façons par exemple. Il suffit de s’y connaître. Lorsqu’on arrive à embobiner quelqu’un dans sa toile, on peut graduellement l’isoler de son monde, lui soutirer son argent, le menacer, s’insinuer dans son esprit et y rester. Il y a donc la violence physique et la violence mentale, aussi dangereuses l’une que l’autre : en détruisant ainsi le corps et l’esprit de son conjoint, le partenaire violent peut faire ce qui lui plaît tant et aussi longtemps que personne n’intervient, tant que personne ne sort la victime de sa situation. Quant aux raisons qui poussent une personne à en maltraiter une autre, il peut y en avoir beaucoup : une enfance où la violence régnait, une mentalité où il faut faire plier l’autre, des justifications culturelles, des frustrations accumulées, etc. Mais dans tous les cas, la violence est inexcusable, et c’est pour cette raison qu’il faut s’y sensibiliser et cesser de penser qu’il n’y a qu’un type de personne qui peut battre ou se faire battre.

Chers lecteurs et amis, je vous laisse à vos réflexions : sachez qu’il existe de nombreuses associations pour la violence conjugale et que le tabou s’estompe de plus en plus, même s’il reste du chemin à faire. Le fait d’en parler, comme dans cet article de La Presse., nous aide justement à mettre K.O. cette mentalité dépassée. Au secondaire, nous en sommes parfois à l’étape de former nos premiers couples, de découvrir les relations un peu plus poussées, et il ne faut surtout pas se laisser entraîner dans des amitiés et/ou des amours malsains. Ce n’est pas parce que le terme commun est « violence conjugale » qu’on ne peut pas, à notre âge, se coincer dans ces toiles et c’est pour cela qu’il faut rester vigilant et ne pas hésiter à se défaire rapidement des liens qui nous relient à des gens qui, pour quelque raison que ce soit, vous manipulent ou nous font du mal en prétendant qu’il y a de l’amour. Sur ce, je vous souhaite une bonne journée et vous invite une fois de plus à réagir à mes articles via le fameux GoogleDrive. À bientôt !

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