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Aimer ou ne pas aimer cet article

Emmanuelle M. Masson - 4e secondaire le 16-03-2016 à 23:32


Bonjour, chers lecteurs ! Certains s’ennuient peut-être du format de débat « pour ou contre » qui existait l’année dernière (c’est à vous de me l’indiquer si vous le désirez grâce au sondage au bas de chacun de mes articles). Dernièrement, le géant Facebook a craqué vis-à-vis les demandes de ses membres et aurait élargi la famille du populaire « j’aime ! » : il est désormais possible d’exprimer aussi une adoration, une hilarité, une tristesse, un étonnement ou une colère face au statut publié. Certains sauteront justement sur l’occasion pour exprimer leur colère de ne pas avoir obtenu le bouton « je n’aime pas », longtemps réclamé, mais jamais obtenu. C’est l’occasion de relancer la question et de voir de façon objective les arguments des deux côtés : alors, pour ou contre une telle option ?





Pour : Un tel bouton permet d’éviter la confusion puisque le simple « j’aime » est très ambiguë. Dans les faits, et la communauté a accepté cela même si c’est créateur de malaises, le « J’aime » ne veut pas nécessairement dire que le contenu était bon, mais représente plutôt une manière de dire : « j’ai lu ton message et je te soutiens ». Cependant, difficile d’exprimer son empathie pour un statut lorsqu’on doit « aimer » le fait qu’il y ait eu un accident de voiture, un décès ou une perte ! Chaque moment n’en est pas toujours un bon et il faut pouvoir le démontrer à l’aide d’un bouton « je n’aime pas ». Cela permettrait de ne plus faire de commentaires inutiles et ce serait déjà plus représentatif de ce que nous voulons exprimer ! Nous pourrions faire comprendre à ceux qui écrivent des niaiseries qu’ils ne sont pas approuvés et le fait d’avoir plus de « je n’aime pas » que de « j’aime » leur indiquerait à la manière d’un baromètre que leur contenu n’est pas acceptable pour l’audience. Après tout, à quoi bon savoir qui aime quelque chose quand on n’a pas moyen de savoir qui ne partage pas cet avis ? Avoir le choix d’utiliser autre chose que du positif est très important. De plus, il y a désormais l’option : « fâché », est-ce réellement pire ? Beaucoup craignent l’intimidation que peuvent créer les « dislikes ». Ne devrions-nous pas nous attaquer alors directement au problème de l’intimidation, qui peut se dérouler sur de nombreuses autres sphères, plutôt que d’essayer simplement de le camoufler ? Si un intimidateur ne cesse pas de « ne pas aimer » le contenu, il sera plus visible que s’il n’attaque qu’en mode privé.

Cela fait longtemps que les luttes existent pour prôner la liberté d’expression. Le bouton que nous réclamons est un autre moyen de s’exprimer. C’est une alternative à ce « j’aime » que nous utilisons beaucoup trop ! Il faut faire face à la réalité : jusqu’à présent, il n’y avait juste pas de moyen efficace et direct de signaler autre chose que notre approbation. Comment dire que ce bouton encouragerait la négativité alors qu’il pourrait tout aussi bien mener à des débats et des discussions où chacun pourrait s’exprimer et défendre son point de vue de manière claire. N’est-ce pas le but d’un réseau social ? Il arrive même parfois que nous souhaitions appuyer un côté sans vouloir nécessairement se lancer dans lesdits débats… voilà donc l’utilité de « j’aime (pour) » et « je n’aime pas (contre) ». Après tout, ce serait comme dans la vraie vie : il est possible d’avoir un avis sans vouloir nécessairement le défendre haut et fort, sans se faire répliquer directement que nos arguments sont « nuls ». Finalement, pourquoi ne pas permettre ce bouton en ne l’appliquant qu’à un certain type de publication, en donnant le choix à l’utilisateur postant un statut de l’activer ou pas ?



Contre : Exprimer de l’empathie ainsi que des émotions ne se fait pas à l’aide de simples petits boutons qui ne représentent en rien la vaste palette d’émotions qu’un humain peut ressentir. Le bouton « j’aime » risque de réduire les conversations… normalement, on annonce son idée dans les commentaires, on ne résume pas nos ressentis à deux petites options simplistes. Empathie et discussions seraient donc découragées et remplacées par quelque chose de réducteur, quelque chose qui transformerait les interactions humaines en un langage binaire qui est devenu ridiculement important. Les gens disent qu’à l’aide de boutons, ils expriment leur compréhension du message, leur empathie, leur soutien… en bref, des choses que nous pourrions tous bien mieux faire avec des mots, en commentaire ou encore mieux, en privé, directement avec la personne concernée. En effet, un événement tragique est un événement qui sort du quotidien, alors que le « j’aime » (ou encore, « je n’aime pas ») est un élément intégré aux quotidiens et utilisé pour tout et n’importe quoi. Nous ne pouvons donc pas utiliser ces boutons aussi facilement pour des événements qui sortent de la routine. Pensez par exemple aux effets sur le moral des utilisateurs ayant perdu un proche ou ayant eu un accident : ils recherchent du soutien, et tous leurs amis n’appuient que sur un bouton comme pour dire : « J’ai vu ton annonce. Ben coudonc. Dislike. C’est ben plate que ce soit arrivé. Oh, une publication de chatons ! Like. »

Les effets sur le moral se ressentiraient aussi au niveau des victimes d’intimidation. Qu’on le veuille ou non, de nombreuses personnes utilisent Facebook pour se trouver, pour s’affirmer, se valider et pour être bien avec eux-mêmes tout en exprimant tout ce qu’ils ont besoin d’exprimer. En exhibant des réalisations dont ils sont fiers par exemple. Ce sont parfois des adolescents qui sont déjà dans une phase difficile de leur vie, qui se cherchent, qui veulent se retirer d’un moule ou des attentes les entourant. Le fait de voir de nombreux « je n’aime pas » sur leur contenu pourrait grandement les pertuber. Quand on se sent rejeté ainsi par la communauté, c’est dur pour le mental. Ce ne serait pas toujours parce que le contenu est dérangeant, mais simplement parce que sur internet, il y a des gens qui aiment provoquer et créer des conflits. Le bouton « je n’aime pas » leur simplifierait la tâche, menant à des débats non constructifs et à des conversations houleuses. Facebook n’est pas à la base un forum où l’on vote pour ou contre les publications de tout un chacun, où l’on organise des concours de « qui poste le commentaire qui a le plus de J’aime » ou pire encore, « qui poste le commentaire qui a le plus de Je n’aime pas. » Finalement, puisqu’il serait plus facile d’exprimer un avis sans l’expliquer, peu de gens réfléchiraient encore à leur opinion et iraient réellement faire des débats civilisés pour les comparer et voir les avantages et désavantages de leur manière de penser. On mettrait un oui ou un non sans trop y réfléchir, très rapidement, formant des clans qui s’affrontent silencieusement et sans réel débat constructif.

Voici ce qui conclue cet article, chers lecteurs ! J’aimerais terminer sur un commentaire qui m’a fait sourire durant mes recherches, traduit ici de l’anglais : « je suis pour un bouton qui permet à quelqu’un d’exprimer de l’empathie, mais le bouton « je n’aime pas » ne doit pas s’appeler ainsi. Zuckerberg, si vous écoutez, j’ai une meilleure idée de nom : appelez-le « Câlin ». Sur ce, je vous laisse sur le sondage du Journal de Montréal ainsi que sur le fameux GoogleDrive, sur lequel vous pouvez quant à vous vous exprimer aussi librement que vous le désirez. Bonne journée ! http://www.journaldemontreal.com/2015/09/15/sondage-pour-ou-contre-le-nouveau-bouton-je-naime-pas https://docs.google.com/forms/d/1o_3iX-QHr07hT8Dgu4t1e2oPMYm_M_sgEI2IIhkE7zg/viewform

Sites consultés (certains sont en anglais) : 1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9, 10, 11, 12, 13, 14, 15

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