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Religions

Foi en Dieu, oui, mais à quand foi en nous ?

Emmanuelle M. Masson - 4e secondaire le 23-04-2016 à 12:13


Chers lecteurs, plusieurs d’entre vous sont croyants. Cette croyance se tourne peut-être vers un ou plusieurs dieux, vers une force suprême ou même encore vers la nature. À travers cela, nous voyons par exemple des gens se battre pour conserver le droit de porter leurs accessoires religieux, tandis que d’autres vont jusqu’à se faire exploser pour leur foi. La plupart cependant se contentent de croire que quelque chose ou quelqu’un est au-dessus d’eux. Souvent, quelques prières et simples petits rituels suffisent. D’autres enfin se contentent de ne croire qu’en ce qu’ils voient. Dans beaucoup de cas, nous avons tous au moins un peu de foi… mais voilà la question de la semaine : qu’est-ce que la foi ? Jusqu’où guide-t-elle nos pas : uniquement sur Terre ou jusqu’aux portes du paradis ou de l’enfer ?

Beaucoup considèrent que la foi est le fait de croire en l’existence d’un Dieu, mais certains contestent cette définition. Pour eux, la foi ressemblerait bien plus à une manière de vivre, de concevoir et d’organiser sa propre vie, de toujours garder en tête les paroles divines et de savoir pourquoi certains rituels sont accomplis, les faire pour leur symbolique et non par mimétisme. Personne ne peut être contraint à adopter un mode de vie et à entretenir une relation avec la religion. La foi est une expression de notre liberté individuelle, car elle repose dans nos cœurs en premier lieu. Voilà pourquoi certains vont par exemple à l’Église chaque dimanche sans pourtant être croyants : le corps y est, mais pas le cœur. Il y a probablement autant de versions différentes de fois qu’il y a de croyants. Pour certains, c’est un sentiment indescriptible, une conviction intime ; on comprend aussi que c’est de garder la tête haute et de rester confiant, peu importe les épreuves ; on croit même au fait que la foi soit la conviction que Dieu nous promet une vie meilleure. Ce n’est pas quelque chose que nous pouvons analyser à l’aide de nos cinq sens et de notre rationnel. La foi, c’est de mettre notre propre vie entre les mains de nos convictions profondes et d’y consacrer notre cœur et notre esprit de façon totale. Elle peut donc être placée en une religion, mais aussi en une idée personnelle, en une autre personne et même en nous-mêmes.

La foi peut être irrationnelle et donc entraîner de nombreux débats : il y a tant de mauvaises actions exécutées au nom de certaines croyances, tout comme il y a beaucoup de bons gestes qui ont comme source cette même foi en l’être humain, en un monde meilleur, en un jugement dernier auquel on veut se présenter blanc comme neige. Quelle foi est alors irrationnelle ? Certains diront d’office que c’est de croire en une religion, puisque maintes religions sont fondées sur des légendes et des miracles, c’est-à-dire des phénomènes qui échappent eux-mêmes à la raison ou à l’explicable. Ces histoires évoluent et sont bâties sur des doctrines qui traversent les générations jusqu’à parfois en oublier leur origine et leur côté rationnel (par exemple, le porc qui n’était pas recommandé comme repas à cause des maladies qu’il pouvait porter). Pourtant, ces mêmes religions amènent des questions et des réponses pour lesquelles il est légitime de s’interroger, par exemple la question de la vie après la mort, ce qui est un questionnement rationnel.

Mais alors, qu’est-ce qui distingue ceux qui ont la foi de ceux qui sont fanatiques ? Une hypothèse est que la foi existe en deux dimensions : l’une personnelle, visant à s’améliorer, et l’autre extérieure, existant dans les cultes. La première dimension devrait être la plus importante, mais lorsqu’il arrive que la dimension extérieure supplante nos réflexions personnelles, ce peut-être le début d’un fanatisme. C’est alors que le plan intime est repoussé et qu’on en oublie nos valeurs. Il devient normal pour le fanatique de se consacrer à répandre sa religion par tous les moyens : sans valeurs, sans principes, comment réaliser l’absurdité des guerres religieuses ? Quand l’homme qui porte la foi est remplacé par la foi qui porte l’homme, l’important se résume comme suit : « convertis-toi ou meurs ». Les innocents deviennent des hérétiques. Les guerres prennent des dimensions uniques : elles ne s’attaquent plus aux idées des hommes, mais plutôt à ce que sont devenus les hommes : des coquilles remplies de cette seule foi. Des coquilles qui accomplissent des rituels de prières ou, dans les pires cas, des actes de violence pour tuer ceux qui ne sont pas d’accord avec qui ils sont. Plutôt que de répandre son cœur, on répand la terreur en pensant que c’est la même chose. Encore une fois, sans valeurs, comment distinguer le bien du mal ?

De tous les âges, d’hier à aujourd’hui, la foi a-t-elle réellement valu la peine que nous nous détruisions les uns les autres au nom de celui-là même qui nous aurait tous créés ? Est-ce vraiment démontrer sa foi que d’assassiner ce qu’ « Il » aurait façonné, fait naître ? Alors que ces croyances en mènent certains à tuer, d’autres sont menés à sauver. Comment alors pourrions-nous définir clairement ce qu’est la foi alors qu’elle possède tant d’origines et offre tant de lignes de conduite ? Jamais nous ne saurons vraiment comment une foi aveugle et fanatique peut cacher aux yeux l’horreur de violer une femme, de tuer des enfants, de torturer des hommes, comment elle pourrait enlever à la bouche ce goût de sang et aux oreilles ces cris ; en bref, comment il est possible d’accepter (ou d’ignorer) d’avoir tout ce sang sur les mains au nom d’une croyance. Ces gens si nombreux qui ont perdu foi en l’humanité et en eux-mêmes, pourquoi luttent-ils pour un paradis inatteignable en pensant que détruire celui que d’autres tentent de construire ici même sur Terre les y aiderait ? Ils préfèrent le paradis des nuages. Quand réaliseront-ils en fait qu’on ne peut marcher dans le ciel et que poser le pied sur un nuage équivaudrait en fait à le traverser et à chuter ? Et vous, chers lecteurs, qu’en pensez-vous ? N’hésitez pas à vous exprimer sur le fameux GoogleDrive.

Sources : 1, 2, 3, 4, 5, 6, Dictionnaire antidote

Recommandation littéraire : Geisha, Arthur Golden

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