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Hockey

« Price-less crisis »

Kim Nguyen - 2e secondaire le 30-04-2016 à 15:45


Ça ne prend pas un analyste sportif pour voir que la saison des Canadiens de Montréal a été désastreuse. Pour la première fois depuis 2012, le Tricolore n’a pas pu participer aux séries éliminatoires. L’équipe a pourtant très bien commencé la saison avec neuf victoires et aucune défaite, mais deux mois plus tard, leur gardien étoile Carey Price s’est gravement blessé au genou, ce qui l’a empêché de jouer pour le reste de la saison.

Depuis son repêchage en 2005, Price n’a jamais déçu, surtout l’année passée, alors qu’il a remporté le trophée Hart, le trophée Vézina, le trophée William M. Jennings et le trophée Ted Lindsay, en plus de battre le record de la LNH pour le meilleur taux d’arrêt pour une saison.

Il est parti de très loin pour devenir le gardien partant du Canadien. Plus précisément, près d’une réserve amérindienne à Anahim Lake, en Colombie-Britannique, à 870 kilomètres de Vancouver. Sa mère, Lynda, voulait faire découvrir la culture amérindienne à ses deux enfants. Malheureusement, il n’y avait pas de ligue organisée dans son village natal. L’aréna le plus proche était à plus de 300 kilomètres de distance. Deux à trois fois par semaine, Carey et son père partaient en auto pendant des heures et des heures. Parfois, ils partaient à 14 h, pour ne revenir qu’à 1 h ou 2 h du matin. La famille dépensa finalement 13 000 $ pour un minuscule avion dans lequel le jeune Carey Price se cognait constamment la tête au plafond. Hélas, la météo n’était pas toujours de leur côté, et ils devaient alors se replier sur les longs voyages en voiture.

Cependant, ces voyages quotidiens n’ont pas empêché notre gardien numéro un de continuer sa passion et de bien réussir à l’école. Au village, il n’y a pas de cours offerts après la 3e secondaire. Trop de jeunes décrochent et participent à des activités dangereuses, parfois criminelles. À cause du manque de services, d’éducation et d’emplois, ainsi que de l’alcool, des cigarettes et de la drogue faciles à obtenir, les adolescents autochtones manquent de raison d’être et d’ambition. Carey et sa sœur Kayla sont donc partis étudier à Williams Lake afin d’obtenir leur diplôme d’études secondaires et quitter leur environnement devenu de plus en plus toxique.

À seulement 14 ans, Carey a été repêché par les Americans de Tri-City, de la Ligue junior de l’Ouest. Deux ans plus tard, leur gardien principal Tyler Weiman part pour la LNH et c’est à Carey de prendre la relève. Ce sera par la suite à son tour d’être repêché au 5e choix (et 1er gardien) du repêchage de la LNH en 2005. Il participe au Championnat du monde junior en Suède et gagne la médaille d’or avec le Canada. Avec une efficacité de .960, il est nommé meilleur joueur du tournoi, même contre des joueurs étoiles comme Jonathan Toews, Kris Letang, Nicklas Backstrom, James Van Riemsdyk ou Patrick Kane. De retour avec l’équipe-école du CH, Carey et les Bulldogs gagnent le Trophée Calder, l’équivalent de la Coupe Stanley de la LAH. Promu dans la LNH, il gagne son premier match avec le Tricolore contre les Penguins de Pittsburgh. En 2014, son jeu blanc a permis au Canada de défendre sa médaille d’or.

Espérons que Carey Price jouera aussi longtemps que Gordie Howe ou Jaromir Jagr, car sans lui, les Canadiens perdent non seulement un des meilleurs gardiens au monde, mais aussi l’âme de leur équipe.

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