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Au fond d’une pupille bleuie par l’autisme

Emmanuelle M. Masson - 4e secondaire le 13-05-2016 à 11:58


« J’appuie la cause de l’autisme parce que… » c’est important, c’est cool, chacun a sa place, ça affecte n’importe qui, tout le monde a le droit à sa chance. « Je suis ouvert à la diversité parce que… » nous sommes tous spéciaux, le monde est unique, nous sommes tous humains, pourquoi pas. « L’autisme n’est pas… » contagieux, une maladie, une limite, un choix, une blague, une insulte. L’autisme… c’est quoi, exactement ? Pour le découvrir, jetons une lumière bleutée sur la situation, et souvenons-nous que l’autisme, ce n’est pas qu’un jour, qu’une semaine : c’est une vie, une vie entière, complète, magnifique et bien plus incomprise qu’handicapante.

Il y a de nombreux témoignages de médecins, de proches, de parents d’autistes, mais qu’en est-il de leur voix à eux ? J’ai pris la liberté de recueillir des informations pour tenter de vous présenter l’autisme du point de vue d’un autiste fictif, inspiré de faits réels.

Les gens me mettent dans une classe à part, me discriminent à cause de cette étiquette qu’on m’a collée : autiste. On m’a déjà appelé le singe savant, mais personne ne semble penser que je sois réellement savant - à part en mathématique. Ils croient tous que je suis bon en maths, que je règle en un clin d’œil les problèmes les plus complexes. Mais je n’ai pas assez de contacts avec les autres pour que je puisse leur expliquer qui je suis vraiment : d’une part, on me croit timide ou asocial, d’autre part, comment communiquer tout ce que je ressens ? Comment dire avec quelle intensité je perçois les couleurs vives qu’ils affichent, les éclats de leur voix comme des hurlements, et même la lumière aveuglante qui ne semble pas les déranger eux ? De toute façon, je n’ai pas franchement envie de devoir tisser des liens avec tous ceux que je rencontre. On me parle d’émotions alors que je ne sais pas ce que sont les émotions. Depuis mon enfance, les gens tentent de me tracer une ligne de conduite, de deviner grâce à moi ce qu’est l’autisme. Je ne peux faire quoi que ce soit sans être libellé, sans entendre des murmures lorsque j’utilise les jouets à ma façon ou que je fais une action répétitive. Je ne peux échapper aux recommandations : « Ne changez pas la routine, il déteste les changements ! » ; « Voyons, tu sais bien qu’il ne le lira pas dans ton front si tu es frustré ! » ; « C’est un solitaire, il résiste aux interactions et aux contacts. » Imaginez voir votre vie être analysée et décortiquée. Je veux le calme et je soulève des tempêtes. Heureusement que mes parents me soutiennent avec patience et que ma classe adaptée me fournit le calme, qu’eux me comprennent et surtout, qu’eux ne me limitent pas. Avec eux, je sais que je peux faire tout ce que je veux, et bien que je n’ouvrirai pas toutes les portes, je sais que j’ai une clé passe-partout. Et je sais que je peux progresser, m’améliorer encore, bien que ce soit à mon rythme, et que l’autisme est de mieux en mieux compris : je ne suis pas handicapé, je suis unique et je n’ai pas l’envie ni le besoin d’imiter ceux qui m’entourent. Pour peu que les gens soient ouverts d’esprit, ils verront que me prendre dans leur équipe n’est pas un acte de charité, mais plutôt un atout. Car comme toute autre personne ou tout employé, je pourrai m’intégrer à ma façon.



Chaque personne est évidemment différente. L’autisme touche de nombreuses personnes et elles sont affectées de différentes façons. Mais certains traits sont caractéristiques et moins stigmatisés : l’introversion, la combativité, la sensibilité, etc. Nous possédons tous des traits de caractère. Nous agissons souvent avec nos proches en tenant compte de ces traits de caractère devant certaines situations. En se disant par exemple : « Irène est sensible, je vais donc devoir lui annoncer cette mauvaise nouvelle chez elle et lui montrer tout mon soutien même si elle ne le demande pas » ou bien encore : « Je sais qu’en apprenant cette mauvaise nouvelle, Tristan aura besoin de solitude pour réfléchir, alors je lui dirai simplement de m’appeler au besoin et partirai. » Alors pourquoi pas : « Je sais qu’Amélie est autiste, et je sais que ce changement dans sa vie va la troubler, il faudra faire bien attention et m’assurer que nous soyons dans un endroit calme » ? L’autisme n’a pas à être une prison d’attentes, de comportements planifiés et de caractères prédéfinis : comme pour tout humain, il y a une différence entre veiller au bien de quelqu’un et l’empêcher de développer son potentiel par peur que ça finisse mal.

De nombreuses personnes entretiennent des préjugés à propos de l’autisme, parfois en comprenant mal certaines informations, parfois à cause de films comme Rain Man. Parlons-en, de ce film-là ! Marie Josée Cordeau, une autiste, avance que le personnage serait en fait porteur du syndrome du savant, d’où sa mémoire prodigieuse et les calculs impressionnants. Ces aptitudes ont trop souvent été rattachées, spécialement à la fin des années 1980, à l’autisme et cela a quelquefois contribué à répandre des images caricaturales des autistes. Elle déplore le fait que l’autisme intermédiaire soit généralement moins porté à l’attention que les cas plus extrêmes. Beaucoup s’entendent donc sur le point que Raymond Babitt (Rain man) ne soit pas un des meilleurs points de référence pour se faire une idée réelle de l’autisme. Je vous recommande d’ailleurs la lecture de ce court article en anglais, « Call Me Kerry and Never Rain Man ».

En bref, chers lecteurs, il est à noter que comme toujours, ce qu’on entend ou ce qu’on croit depuis longtemps n’est pas toujours vrai : les enfants ne sont pas les seuls à vivre avec cette condition, de même que celle-ci ne se « soigne » pas entièrement. Sur ce, je vous souhaite une bonne journée. N’hésitez pas à consulter les sources, toutes très intéressantes… et n’oubliez pas que nous vivons tous sous un même ciel bleu ! Si vous avez quoi que ce soit à me dire, aussi, faites-le via le fameux GoogleDrive !

Livre de la semaine : « Les manipulateurs sont parmi nous », par Isabelle Nazare-Aga (ce n’est pas une histoire, mais c’est un livre très intéressant et utile : il permet d’identifier les manipulateurs et/ou les techniques de manipulation dans la vie de tous les jours et de s’en protéger.)

Sources : 1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9, 10, image, image,

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