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Une bête incompréhensible... oui, mais à quel bout de la laisse ?

Emmanuelle Marullo Masson - 4e secondaire le 16-06-2016 à 22:32


Nous avons peur. Des événements tragiques sont arrivés récemment et nous, Québécois, avons peur, voulons réagir et mieux réglementer. Après tout, pourquoi n’est-ce pas déjà fait ? Ces êtres sont dangereux, prédisposés à la violence, indomptables et prédateurs. Si tout le monde le dit, ce doit bien être vrai, pardi ! Nous savons tous qu’il n’y a rien de plus vrai qu’une réputation, surtout lorsqu’elle est validée par les médias et que ceux-ci diffusent des histoires qui la prouvent. N’est-ce pas ? Pas vrai ? Non, ce n’est pas vrai ! Chers lecteurs, jetons une lumière nouvelle sur ces chiens que sont les pitbulls, et une qui ne soit pas voilée de rouge, pour une fois ces temps-ci.

Je dois vous avouer, chers lecteurs, que je suis déçue de voir la réaction des gens face aux histoires récentes concernant les pitbulls. Laissez-moi m’expliquer : par la peur, de nombreuses personnes désirent réagir très vite en légiférant à propos de chiens qu’on qualifie de dangereux. Ce qui est bien. Mais on souhaite le faire en étiquetant des races spécifiques en raison de leur réputation et de faits récents. C’est ce que j’appelle une réaction de surface : « Le problème est lié à des chiens qui ont attaqué ? Alors faisons des lois visant cette race de chiens en particulier ! » Le problème, c’est que ce n’est pas seulement le chien qu’il faut viser. C’est aussi ceux à l’autre bout de la laisse, tous ces propriétaires qui ne savent pas s’y prendre, qui ont négligé d’offrir des conditions de vie adéquates à leur animal. Vous savez, entre un maître et son animal, ce n’est pas toujours ce dernier qui est le plus bête : de nos jours, plutôt que de se baser sur la façon d’élever certaines espèces selon leurs caractéristiques, nombreux sont ceux qui se basent sur « cet animal est mignon et peut tout à fait vivre d’eau et d’amour ! » Ces mêmes gens se plaignent ensuite de leur ami non-dressé qui jappe, fait ses besoins là où il le peut, monte sur les lits et réclame de l’attention.

Certes, de nombreux cas de morsures et de blessures ont été liés aux pitbulls et autres chiens reconnus pour leur soi-disant violence. Mais avez-vous remarqué que la popularité de ces animaux va en croissant ? Plusieurs facteurs expliquent pourquoi c’est à la mode, mais concentrons-nous plutôt sur le fait que plus un animal est en demande, plus il y a de chances que parmi cette demande, il y ait des mauvais maîtres. Bien que le pitbull puisse être prompt à réagir et agressif, n’importe quel chien peut faire de même en vieillissant : c’est pour cela qu’il ne faut pas acheter ou adopter n’importe quel animal sans se renseigner à son propos, ni suivre la mode puisque celle-ci n’est, justement, qu’une mode. Pour preuve : avant d’être un « monstre sanguinaire », le pitbull était décrit comme le « compagnon par excellence des enfants ». De plus, une étude menée par le Collectif contre la catégorisation des chiens a montré que les chiens réputés pour leur propension à mordre sont mal jugés (voir l’étude sur leur site web). Un dresseur affirme aussi, par exemple, que depuis la sortie des films des Toby (mettant en scène de mignons petits chiots), il reçoit de nombreux cas de problèmes comportementaux de golden retrievers.

Il faut aussi ajouter que, seulement avec l’apparence et non par les papiers et tests officiels, il est difficile de déterminer une race de chien : qui dit que celle-ci n’est pas le résultat d’un mélange ? Qui dit aussi qu’un chien d’une race précise suit une ligne de conduite précise, claire et nette ? Il est essentiel de s’informer à propos d’une race, mais ce n’est pas tout, et c’est même peu : il faut essentiellement s’informer à propos de la bonne manière d’élever un chien, tout simplement, de l’aimer, et de s’adapter à son comportement et à sa personnalité autant que nous souhaitons que lui s’adapte à nous. Encore une fois, nous ne pouvons pas tout simplement apposer une étiquette sur tous les êtres vivants que nous regroupons dans des catégories sans égards à la personnalité, aux antécédents, aux problèmes physiques et mentaux, etc. de chaque individu. Ainsi, n’importe lequel de ces individus, sans égard à la race, a le potentiel d’être vicieux autant que d’être doux. Il ne faut pas non plus attribuer à l’animal nos concepts humains (le bien versus le mal, par exemple) : le meilleur exemple, c’est qu’un chien peut tout à fait attaquer lorsqu’il se sent inconfortable ou que lui-même ou qu’un de ses proches soit en danger, non pas seulement car il est « méchant pour être méchant ».

Mais alors, comment faire pour prévenir les morsures et les attaques ? Parce que bien évidemment, il y en a : ne pensons qu’à l’histoire où cinq pitbulls ont mangé l’un des leurs, ou bien de celui qui s’est enfui pour aller faire de la prédation sur un autre petit chien. La réponse se trouve cependant en nous-mêmes, dans nos propres comportements et ce, dès le début de la vie de l’animal, et pas seulement depuis le début des problèmes. Il faut être pleinement conscient de la responsabilité qui incombe au propriétaire d’un animal et ne pas prendre le respect de la vie à la légère. Tout d’abord, il faut apprendre à s’y connaître en comportements canins : savoir reconnaître ce que veut dire un grognement et ne pas automatiquement gronder le chien (car un grognement n’est pas mauvais en soi), laisser le chien fuir la menace plutôt que de la confronter, voir quand celui-ci se fige pour éviter la confrontation, par exemple. Il faut socialiser le chiot et apprendre de lui (cours d’éducation canine, ses réactions propres) comme on veut que lui apprenne de nous (dressage, règles de la maison). Il ne faut pas non plus faire s’accoupler n’importe quelle bête avec n’importe quelle autre ou prendre à la légère un comportement d’apparence agressive. Sur ce, laissez-moi vous présenter une vidéo émouvante :

Chers lecteurs… il est déjà temps de nous séparer pour un autre été. L’année prochaine, ce sera ma dernière année et déjà, je ne peux y croire. Déjà ? Déjà ! Cette année, beaucoup d’éléments de ma vie ont changé et cela continuera l’année prochaine. Le temps filera rapidement. Et bien qu’il nous reste encore une année complète ensemble, je dois déjà me préparer mentalement au fait que ce sera justement la dernière année pour moi au journal. Je ne vous fais donc pas d’adieux ici. Je vous dis simplement de rester branchés, et puis si cela vous chante, de m’écrire en tout temps sur le fameux GoogleDrive (non, jamais je ne le fermerai, et oui, je le consulterai durant l’été, alors n’hésitez pas non plus à me laisser vos coordonnées ou des recommandations de lectures, d’articles, de musique, etc.) Je vous donne donc rendez-vous l’année prochaine, pour ma cinquième année du secondaire et… direction 150e article ! (ou 152e, qui sait ?)

Recommandation de l’été : Geisha, a life (Mineko Iwasaki), Le Journal d’Anne Frank (Anne Frank) côté livres. Lisa Leblanc, Charles Aznavour, Notre Dame de Paris Belle côté musique.

Sources : 1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9, 10, 11, 12, 13,14. Histoire racontée dans la chronique de Paul Arcand le matin du 10 juin 2016

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