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L’ÂNE ET L’ÉLÉPHANT

Francesca Drolet le 30-01-2008 à 14:55


On dit souvent que, lorsque les États-Unis ont le rhume, le Canada tousse. Et depuis quelques années, les microbes de la récession, de la dette faramineuse et de l’Irak sont particulièrement virulents ! Les élections présidentielles 2008 annoncent peut-être une guérison prochaine…

Cette guérison prochaine, les États-Unis en auraient grand besoin ! Pays divisé au sein même de sa population, il est également impopulaire à travers le monde. Il suffit de voir tous les autocollants, chandails et chansons dénonçant le gouvernement Bush ! L’électrochoc aura lieu le 4 novembre 2008. Ce jour-là, les Américains choisiront un nouveau président. Depuis le 3 janvier, le processus électoral est enclenché. Les deux grands partis américains doivent choisir leurs représentants respectifs qui s’affronteront le jour ultime. (Le logo des républicains symbolise un éléphant et celui des démocrates un âne.) Si vous trouvez que le système politique au Canada est obscur, attendez de voir celui des États-Unis, dont la devise semble être : Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué ? Je serais curieuse de connaître le pourcentage d’Américains qui peuvent démêler leur propre système. Tentons d’y voir plus clair.

Tout d’abord, il faut préciser que « cette course à la direction » aura lieu dans chacun des États américains. Ces derniers décideront eux-mêmes de la date du scrutin et du processus de désignation (primaire ou caucus) employé.

Primaires



La primaire existe sous diverses formes. Les plus communes sont les primaires ouvertes et celles fermées. Les primaires ouvertes, comme le laisse sous-entendre son qualificatif, s’adressent à tous les électeurs de l’État. Ces derniers peuvent voter pour l’un ou l’autre des candidats d’un parti, bien que, évidemment, ils ne puissent pratiquer leur droit de vote qu’une seule fois. Les primaires fermées, quant à elles, restreignent grandement l’électorat en ne s’adressant qu’aux personnes ayant clairement indiqué leur allégeance politique (républicain ou démocrate). Ces personnes reçoivent donc un bulletin de vote de leur parti et n’ont qu’à cocher le candidat qu’elles soutiennent.

Caucus



Le caucus consiste à rassembler les membres locaux d’un même parti politique afin de déterminer un candidat gagnant. Le déroulement de ces caucus est plutôt rudimentaire. En premier lieu, des groupes appuyant un même candidat se forment dans plusieurs coins de la salle. Les indécis se retrouvent au centre et ceux-ci se font « courtiser » par les autres groupes d’électeurs. Ensuite, lorsque les groupes sont bien formés, un officiel compte le nombre d’individus appuyant chaque candidat, et ce résultat combiné aux autres caucus de l’État, confirme le candidat vainqueur. Les lieux où se déroulent les caucus sont plutôt aléatoires et varient selon les régions. Par exemple, au Nevada (État dont Las Vegas fait partie), certains caucus se déroulaient dans les casinos.

La primaire est la méthode qui reçoit la faveur de la majorité des États. C’est d’ailleurs pour cette raison qu’on nomme cette période précédant l’élection du président, « les primaires ».

Délégués



Vous vous dites « Oh, mais ce n’est pas si complexe ! » ? Attendez de voir la suite… En fait, les électeurs ne votent pas directement pour les candidats. Ils désignent plutôt des « délégués » qui auront pour mission de représenter des candidats. Ces délégués interviendront lors de « la convention nationale du parti » (méga réunion qui officialise le nouveau chef de parti). Ces délégués sont répartis à travers les États de manière proportionnelle à la population qui y habitent. (New York = Beaucoup de délégués !) Lorsqu’un candidat « gagne » un État, il reçoit l’appui des délégués de manière majoritaire ou proportionnelle, selon son parti politique et l’État. Par exemple, pour les démocrates, les délégués attribués à chaque candidat sont proportionnels au pourcentage que ce dernier a obtenu. Pour les républicains cependant, dans certains États, un candidat obtient automatiquement l’appui de tous les délégués s’il a obtenu la majorité des voix (51 %). Cette méthode est basée sur le principe du « Winner takes all ! ». (Le gagnant remporte tout.)

Convention de partis



Finalement, à la fin de l’été, une convention de quatre jours est tenue par les deux partis politiques. Ce congrès consiste à choisir officiellement le chef de parti. Comme je l’ai mentionné plus haut, c’est à ce moment qu’entrent en jeu les délégués. Pour le parti républicain, celui-ci dénombre 2380 délégués. Le candidat qui sortira gagnant de la Convention nationale devra obtenir un appui de la majorité de ces représentants, soit 1192. Quant au parti démocrate, il dispose de 4849 délégués ! Il en faudra donc 2025 qui appuient un même candidat pour que celui-ci soit officiellement proclamé chef de parti. Attention, ici aussi une particularité se rajoute ! Il existe pour les démocrates, des délégués spéciaux qui ne sont pas élus et qu’on nomme les « super-délégués ». Ceux-ci représentent une proportion de 16 % des délégués (796 des 4849) et sont des gouverneurs d’État, des anciens présidents, des membres du comité national, etc. Leurs votes influencent tout de même assez fortement l’élection du chef démocrate, ils ne sont donc pas à négliger…

D’ici le 4 novembre, les ânes se disputeront entre eux pour trouver le meilleur chef. Les éléphants feront de même de leur côté. Le jour de l’élection, le peuple américain déterminera lequel de l’âne ou de l’éléphant gouvernera le pays. Pendant ce temps, nous observerons passivement le déroulement de cette bataille de géants, en sachant très bien que ni les ânes ni les éléphants n’ont peur des petites souris québécoises !

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