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Euthanasie

Débrancher ou pas ?

Roxanne Ocampo Picard le 28-11-2010 à 14:27


Depuis que la Commission spéciale Mourir dans la dignité a commencé sa tournée, le sujet de l’euthanasie fait beaucoup jaser. Selon un sondage de l’agence CROP, 83 % des Québécois se disent en faveur de la légalisation de l’euthanasie. S’ils trouvent ce recours justifiable, c’est seulement de façon très encadrée. Ils ne sont d’accord que dans des contextes bien définis.

La plupart des Québécois pensent que le recours à l’euthanasie n’est pas justifiable si la maladie ne fait que paralyser de manière permanente. Ils sont du même avis si le patient est encore jeune.

Pour le cas d’une personne comateuse, presque tout le monde accepterait d’arrêter de la maintenir en vie. On peut dire qu’en général, il est plus facile de mettre un terme à l’existence de quelqu’un dont la vie ne tient qu’à un fil (dans tous les sens du mot). Ça reste tout de même une décision pénible puisque le malade n’a pas son mot à dire.

Selon la population québécoise, le patient ne devrait pouvoir mettre fin à ses jours que s’il n’a aucune chance de guérir, s’il souffre beaucoup et s’il est apte à prendre la décision lui-même.

Selon moi, cela veut dire que les gens n’ont aucun problème à envisager l’euthanasie lorsqu’elle sert à devancer une mort prochaine. Mais qu’en est-il des malades qui ne sont pas en phase terminale ? Quant à l’enfant qui passera le reste de ses jours à porter des couches et qui sera incapable de dire convenablement à sa mère qu’il l’aime, aura-t-il le choix lui ? Et le grand-père qui veut que ses petits-enfants se souviennent de lui comme d’un homme fort ?

Même si l’euthanasie était légalisée, le débat serait loin d’être fini. En effet, la plupart des employés aux soins palliatifs affirment qu’ils seraient incapables de poser ce geste. C’est facile à comprendre, mettez-vous à leur place. Tous les jours, ils voient des personnes souffrantes tenir des propos suicidaires à cause de douleurs intenses et changer de discours dès qu’ils sont soulagés. En plus, à force de côtoyer les malades, on s’attache forcément à eux.

Ma conclusion est que les gens n’ont aucun problème avec l’idée de soulager quelqu’un de sa souffrance. Ils conviennent qu’il est normal qu’un patient préfère achever sa vie sur une note relativement positive plutôt que vivre diminué, malheureux ou avoir l’impression d’être un fardeau pour son entourage. Toutefois, personne ne veut trancher quand vient le temps de passer à l’acte. Personne ne veut avoir le décès de quelqu’un sur la conscience, même celui d’un mourant qui veut en finir la tête haute. J’imagine qu’on doit toujours se demander si le malade aurait apprécié le lever du soleil, le rire d’un enfant ou l’envol d’un oiseau.

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