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Procès Shafia

DEVENIR CRIMINEL. GARDER SON HONNEUR ?

Léo Paquette-Greenbaum le 5-02-2012 à 20:39


Qu’est-ce un crime d’honneur  ? C’est un crime, une punition d’un comportement ayant apporté le déshonneur à la famille. Ces punitions peuvent être des brûlures au visage, mais peuvent aller jusqu’au meurtre. Les crimes d’honneurs sont des pratiques courantes dans certains pays du Moyen-Orient comme l’Égypte, le Pakistan, la Jordanie ou encore la Turquie. La majorité des victimes de crimes d’honneur sont des femmes, dont beaucoup n’ont même pas agi de façon déshonorante envers la famille.



Le 29 janvier 2012, Mohammed Shafia, sa femme Tooba Yahya et son fils Hamed Shafia sont accusés de meurtre au premier degré. Ce meurtre serait un crime d’honneur envers les trois filles de Mohammed Shafia (Geeti, 13 ans, Sahar, 17 ans et Zainab, 19 ans) et la première femme de Mohammed Shafia, Rona Amir Mohammed, 50 ans, car elles ne respectaient pas les valeurs musulmanes.



Le 30 juin 2009 (preuve que la justice canadienne est lente), ces quatre femmes de la famille Shafia ont été retrouvées mortes dans une auto retrouvée dans le canal Rideau. La police a rapidement compris que ces morts n’étaient pas dues à un accident tragique. L’enquête a par la suite rassemblé plusieurs preuves prouvant que Mohammed Shafia, Tooba Yahya et Hamed Shafia étaient coupables d’avoir organisé ce meurtre.



Les filles Shafia avaient déjà alerté la Direction de la protection de la jeunesse (DPJ) plusieurs fois avant l’incident, car ils sentaient que leur sécurité était menacée à cause des nombreux sévices infligés par leur frère et leurs parents. La DPJ avait réagi, mais de manière peu efficace en questionnant une des filles devant ses parents. Celle-ci avait alors nié les sévices subis.



Quand on compare ce cas à celui de Guy Turcotte sur lequel j’avais écrit au début de l’année scolaire, on retrouve beaucoup de similarités. Les deux cas sont à mon point de vue des infanticides et sont en quelque sorte une vengeance. Dans le cas de Guy Turcotte, c’était une vengeance contre son ex-femme. Dans le cas des Shafia, c’était contre trois de filles de Mohammed et l’une de ses femmes. Alors pourquoi Turcotte s’en sortirait-il avec l’explication qu’il avait perdu la tête, mais qu’il n’est maintenant plus dangereux  ? Il serait logique que deux crimes semblables reçoivent une punition semblable.



Mais la question essentielle reste la même : où se trouve l’honneur dans un tel crime  ?



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