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CACEROLAZOS

Roxanne Ocampo Picard - 4e secondaire le 27-05-2012 à 19:35


Vous avez sans doute entendu parler du tout nouveau moyen de pression pacifique et créatif, avouons-le employé par les manifestants. Ils frappent dorénavant dans des casseroles pour protester contre la loi 78 qu’ils jugent anticonstitutionnelle puisqu’elle limite leur droit d’exprimer leur désaccord en manifestant. Ce boucan de métal a donc pour but de démontrer l’opposition des protestataires face à la manière dont le gouvernement Charest gère le conflit étudiant.

Pourtant, ce ne sont pas que des jeunes qui prennent d’assaut les rues de leur arrondissement lors de ces symphonies d’aluminium. En effet, des gens de tous les âges et de tous les milieux participent à ces concerts cacophoniques. À vingt heures précises, ils sortent de leur domicile armés de leurs casseroles et la marche se met en branle. Ces manifestations spontanées (et illicites par conséquent, rappelons-le) prennent des allures de rassemblements festifs auxquels se joignent les voisins au fur et à mesure que la marche progresse. Ce qu’il y a de si beau dans ces démonstrations, c’est qu’elles attirent des retraités comme des tout-petits, ravis d’avoir la permission spéciale de faire tinter les récipients de maman. Tous s’en donnent à cœur joie, c’en est presque à oublier l’illégalité de la chose.

C’est un enseignant en politique au cégep de Saint-Hyacinthe, François-Olivier Chené, qui a lancé l’idée de ces protestations tonitruantes sur Facebook. Elles portent le nom de « cacerolazo », car en espagnol, le mot « cacerola » est la traduction de « casserole », et « azo », de « coup ».

C’est d’Amérique latine que les « cacerolazos » tirent leur origine. C’est plus exactement au Chili, en 1971, sous le gouvernement de Salvador Allende, qu’elles ont vu le jour. Les gens frappaient dans des chaudrons de toutes sortes pour dénoncer le manque de nourriture lors des pénuries alimentaires.

Une décennie plus tard, la dictature opprimante d’Augusto Pinochet a incité les Chiliens à ressortir leurs casseroles, mais cette fois, à partir de leur domicile. Parce que dans les années 80, il leur était interdit d’être plus de quatre lors de rassemblements (d’où le lien avec la loi 78 qui limite également le droit de se réunir, mais à un degré moindre, bien sûr).

Aujourd’hui encore, les Chiliens cognent sur celles-ci pour montrer leur mécontentement. Les Argentins, les Boliviens, les Uruguayens, les Espagnols, les Islandais et certains Irlandais ont aussi adopté cette pratique.

Toutefois, ce n’est pas tout le monde qui est inspiré par ce vacarme, loin de là. Il y a beaucoup de citoyens qui ont bien hâte que le son des casseroles soit remplacé par le son de la cloche signalant le retour en classe.





Crédit photo : ROGERIO BARBOSA / AFP

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