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Lettre à un jeune Réginien

Félycia Thibaudeau - 5e secondaire le 7-10-2012 à 23:43


Bonjour mon joyeux Réginien tout frais,

Je vais commencer par citer une simple affirmation : la vie n’est pas toujours une partie de plaisir. Que tu sois jeune, vieux, chauve, velu, grand ou nain, il n’y a pas moyen de contourner indéfiniment la réalité, de surfer tranquillement sans jamais te heurter à « THE » vague insurmontable. Vois-tu où je veux en venir ? Oui, je sais, mes propos sont très abstraits…



Enfin, ce que je désire te faire comprendre, c’est qu’il est encore temps d’adopter de bonnes habitudes de travail pour profiter d’une année qui sera, j’en suis persuadée, couronnée de succès. Ouvre grandes tes oreilles, car « matante » Félycia a de précieux conseils à te confier.



Ne t’y méprends pas : je tiens réellement à toi et je ne veux que ton bien. Je suis en 5e secondaire, donc j’ai passé quatre délicieuses années à Regina… Je sais de quoi je parle ! Bon. Pourquoi tiens-je donc à t’écrire ce message ? Pour te prouver que tu es capable de survivre ! Ne te dégonfle pas trop rapidement !



Attache ta tuque. Tu seras renversé –oh que oui !– par la justesse de mon exhortation. « Lorsque parle une grande figure originale, les petits doivent se taire. » (Lettres à un jeune poète, Rainer Maria Rilke) *



Premièrement, il est encore temps de t’éloigner le plus loin possible de la tentation de l’oisiveté. Pour moi, paresse rime amèrement avec Facebook et compagnie. Les réseaux sociaux représentent, de manière générale, un lourd fardeau à porter : ils créent une dépendance très forte ,avouez-le ! Inéluctablement, lorsque tu décides de te connecter « juste pour voir », quelque chose, aussi insignifiant soit-il, captera ton attention (par exemple, une photo, un commentaire, une nouvelle, une notification, un message, un ami en ligne…) Je crois que tu connais déjà la conséquence : tu restes absorbé et ne vois pas le temps filer. En fait, peut-être t’aperçois-tu que le temps passe trop rapidement, mais tu cèdes tout de même à l’indolence qui ronge l’esprit… J’irais même jusqu’à dire que l’ordinateur est un très, très méchant piège. Penses-y : qu’ouvres-tu en premier devant ton moniteur ? Eh bien, voilà, tu as ta réponse. Mon conseil : à la maison, commence par tes devoirs qui ne requièrent pas l’utilisation de l’ordinateur. Laisse celui-ci hors de portée et n’y touche pas. Ah, ce satané portable ! Aussi, il pourrait être utile de te donner un horaire fixe. Devoirs, cerveau en bouillie, réseaux sociaux pendant un temps prédéterminé, retour aux devoirs en prenant bien soin de te déconnecter. En résumé, il faut que tu penses à tes priorités pour ne pas sombrer dans l’abîme du « je feel vraiment vedge ce soir ; ça me tente de rien faire ». Ouain, pas fort !



Deuxièmement, la procrastination, ça tue (elle est en partie due au point précédent d’ailleurs). Laisse-moi te dire que je m’y connais dans ce domaine, mais je t’en supplie, prends de l’avance. Sois à ton affaire. Plus l’année progresse, plus tu te rendras compte qu’il est difficile de gérer ton emploi du temps parce que les devoirs, les projets et les examens s’accumulent. La période de Noël et la fin de l’année sont particulièrement pénibles. Tu as sûrement l’impression que les enseignants font exprès pour te charger de millions de tâches, mais en vérité, si tu es à jour, tout devrait se passer rondement. Par ailleurs, à la veille de la remise d’un travail, tu ne peux pas trouver d’issue et tu seras très malheureux d’avoir tant tardé à faire le boulot. Lorsque tu auras vécu cette situation, tu comprendras. L’efficacité est l’amie de la motivation, c’est moi qui te le dis. Saisis le temps, mon ami !



Troisièmement, amuse-toi. Ta vie ne se résume pas seulement à l’école. Cette pensée ne s’applique pas à tout le monde, mais certains prennent les études trop à cœur. Dans la vie, il faut trouver un équilibre. Le stress, c’est stressant, bon sang ! Je crois qu’il est important de trouver un centre d’intérêt, une source de plaisir qui te fasse totalement décrocher du mode « école » en période de démotivation. En un clin d’œil, ton secondaire sera fini : le temps passe tellement vite. Si tu ne fais que rester dans ta bulle d’études, tu auras regretté de ne pas avoir assez profité des occasions évanescentes qui se seront présentées. L’école t’offre toutes sortes de merveilleuses expériences ; ce n’est qu’après un recul que tu te rends compte des inestimables perles que tu as collectionnées au fil du temps.



Finalement, voici un petit florilège de conseils badins (juste parce que je trouvais l’ambiance trop grave) !



1. Si tu es malade un mardi, viens quand même : tu ne veux pas manquer le jour du CRA poulet !
2. Si tu as envie, vas-y avant le cours. Sinon, tes besoins attendront, tout simplement. De toute manière, comme madame Girouard, enseignante de 4e secondaire, le dit en début d’année : « Il est scientifiquement prouvé que ta vessie ne peut pas exploser. »
3. Si tu dois laisser échapper une flatulence, de grâce, retiens-toi.
4. Si on écoute un film en classe, ne te réjouis pas trop rapidement, tu risques d’avoir à remplir un questionnaire par la suite. Haha !
5. Tu as le droit de laisser des livres dans ton casier. Un sac n’est pas un casier.
6. Si tu as un commentaire gentil et enrichissant à partager, vas-y fort.
7. Fais attention à tes fautes de français.
8. Le plagiat, c’est mal.
9. Sois proactif ! (The 7 Habits of Highly Effective Teens de Stephen R. Covey)
10. Fais attention à ton portefeuille, il risque d’être irrésistiblement attiré par le Bar santé.



Retiens ceci : tu es jeune, tu es beau, tu es capable !



Prends soin de toi,



Félycia Thibaudeau, 5e secondaire



* Il est sérieusement à préciser que je ne me considère pas supérieure à quiconque. Mon ton est très humoristique.



Source de l’image (modifiée) : http://www.leblogdesbouquins.fr/2011/11/lettres-un-jeune-poete-de-reiner-maria.html

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