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Mon directeur me suit partout, tout le temps !

Léo Paquette-Greenbaum - 1re secondaire le 9-12-2012 à 18:30


« La frite est un légume selon un juge texan. » Voilà ce qui est écrit sur une petite affiche déposée sur le comptoir de la Fromagerie Atwater. Ceci, bien sûr, n’est pas la pire niaiserie venue du Texas ! Récemment, nous avons eu droit à une histoire concernant deux écoles texanes qui était tout à fait controversée.

Cette année, deux écoles de San Antonio au Texas ont pris la décision d’implanter des dispositifs d’identification par fréquence radio dans les cartes d’identité des élèves. En obligeant les élèves à porter constamment leurs cartes d’identité (même pour aller aux toilettes), la direction peut surveiller où se trouve chaque élève, puisque chaque dispositif émet une fréquence radio différente correspondante au matricule de l’élève.

J’ai trouvé qu’il serait à la fois original et amusant de comparer ce nouveau système à celui du film Never Let Me Go.

Never Let Me Go (2010)
Mark Romanek
Never Let Me Go est un film de science-fiction se déroulant au Royaume-Uni. Basé sur le roman de Kazuo Ishiguro, le film se déroule sous la forme d’une narration. On explique qu’une découverte scientifique dans les années 50 a permis d’étendre la durée de vie de l’humain à plus de cent ans. Kathy, la narratrice, raconte sa vie en commençant par son enfance, ses expériences dans le pensionnat Hailsham House où elle apprend qu’elle et les autres élèves de Hailsham appartiennent à une race inférieure, clonée, destinée à fournir leurs organes aux autres humains. Ces « dons » d’organe sont à l’origine des progrès exceptionnels réalisés en matière de santé. Tout au long de leur vie, les membres de cette classe inférieure sont strictement surveillés pour qu’ils deviennent de parfaits donneurs et pour que ceux-ci ne puissent pas s’enfuir. Kathy raconte aussi l’évolution de sa relation avec ses amis Tommy et Ruth, puis leur mort tragique.

Dans le film Never Let Me Go, les donneurs d’organes passent toute leur enfance dans un pensionnat et ceux-ci sont surveillés par un système ressemblant à celui des codes à barres. Le dispositif d’identification de San Antonio, lui, fonctionne par les ondes radio. Il a été mis en place dans deux écoles publiques, John Jay High School et Anson Jones Middle School (l’équivalent américain de la 6e à la 8e année). Il y a même une université au Minnesota qui a adopté le même programme.

La vie et les déplacements des futurs donneurs sont surveillés pour les empêcher de s’enfuir et pour que leur corps reste en santé.
On penserait que ce système mis en place à San Antonio vise à prévenir le décrochage scolaire, mais ce n’est que pour l’argent qu’on surveille les déplacements des élèves en tout temps. En effet, en introduisant ce programme, les écoles pourront recevoir 1,7 million de dollars supplémentaires en subventions de l’État texan.

En général, la quasi-totalité de la société et des donneurs de Never Let Me Go acceptent leur destin. On laisse entendre à la fin du film que les donneurs ne peuvent pas s’échapper de leur sort et qu’ils sont la propriété de l’État.
Malgré le fait que les directions de ces deux écoles n’ont pas forcé leurs élèves à porter le dispositif, on les encourage en les soudoyant et en enlevant certains de leurs privilèges s’ils refusent de le porter. Par exemple, on va jusqu’à la ségrégation des non-porteurs en les obligeant à se placer dans une file différente pour accéder à la cafétéria. Andréa Hernandez, une élève de 15 ans qui a contesté le programme en déclarant que ce dernier violait ses droits constitutionnels, s’est fait renvoyer de John Jay High.

Je vous recommande fortement de voir Never Let Me Go et de vous poser la question si nos voisins du Sud ne sont pas allés trop loin avec cette nouvelle technologie comparable à la science-fiction.

logo de l’article : dailytech.com
Image : iTunes

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