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Marche arrière toute !

Emmanuelle Marullo Masson - 1re secondaire. le 4-02-2013 à 00:14


Le chercheur américain Gerald Crabtree est un pessimiste. Selon lui, depuis le développement de l’agriculture, l’humanité perd peu à peu ses capacités intellectuelles. C’est à qui la faute ? Aux gènes qui nous rendent intelligents, pardi ! Quelle est sa théorie ? G. Crabtree explique : « Un chasseur-cueilleur qui ne concevait pas correctement une solution pour fournir de la nourriture ou un abri mourait probablement avec sa progéniture, alors qu’un cadre moderne de Wall Street qui fait une erreur conceptuelle similaire recevra un bonus substantiel et sera un partenaire plus attirant. Clairement, la sélection extrême appartient au passé. L’Homme moderne n’étant presque plus habitué à cette notion de survie, ses prouesses intellectuelles ont régressé par manque de stimulation et d’exercice. »

Tout a commencé quand des généticiens de l’Université de Stanford en Californie, émettent l’hypothèse selon laquelle l’Homme aurait atteint son pic intellectuel il y a environ 2 000 à 6 000 ans. Comme le démontre l’exemple du 1er paragraphe, Gerald Crabtree croit que le développement des gènes d’intelligence « s’est produit dans un monde où chaque individu était exposé aux mécanismes sélectifs bruts de la nature, en fonction de critères, mais que ces pressions n’avaient plus lieu d’être dans notre façon de vivre aujourd’hui. » Il est vrai que maintenant, on ne s’étonne plus qu’il y ait de la viande devant nous et de l’eau dans notre verre, alors qu’un homme de la préhistoire devait chasser son dîner.

Si un citoyen moyen d’Athènes, 1000 ans avant Jésus-Christ, pouvait encore vivre parmi nous, il deviendrait probablement l’un des plus brillants et vifs de nos amis : il aurait une bonne mémoire, un éventail d’idées et une vue perspicace des questions importantes. Gerald C. serait prêt à parier sur cette théorie, mais pourquoi ? Imaginons que le pic d’intelligence date d’il y a 3000 ans, et qu’à chaque génération, 60 mutations modifient les séquences d’ADN. Gerald y va de ses calculs, soit qu’il faudrait entre 20 et 50 générations pour altérer l’un des gènes de l’intelligence. En suivant cette théorie, chacun d’entre nous aurait hérité de deux à six mutations ! L’homme affirme que comme les besoins ne sont plus aussi cruciaux qu’avant, notre mode de vie des derniers millénaires laisse la moins belle part aux facultés cognitives. Selon le journal Meltybuzz, ce serait le résultat de la mutation ou de la perte de gênes, comme les X-Men, sauf qu’on n’a pas de super pouvoirs et qu’on devient stupide. Peu à peu, l’espèce humaine ferait marche arrière…

Non mais hé ! Je ne vais pas laisser ces gens dire que nous deviendrons de moins en moins intelligents sans chercher la preuve du contraire ! C’est pour cela que j’ai cherché plusieurs articles, je voulais plusieurs avis qui contrediaient Gerald. Ainsi, j’ai déniché le Dr Robin Dunbar, anthropologue à l’université d’Oxford. « Le dr Crabtree part du principe que notre intelligence est conçue pour nous permettre de construire des maisons et de jeter des lances vers des cochons dans les buissons, mais ceci n’est pas le véritable déterminant de la taille de notre cerveau. En réalité ce qui a conduit l’évolution du cerveau de l’homme et du primate c’est la complexité de notre monde social et ce monde complexe n’est pas sur le point de disparaître », a commenté ce spécialiste cité par le Telegraph. « Personnellement, je ne suis pas sûr qu’il y ait, dans le futur prévisible, une quelconque raison de paniquer, le taux d’évolution et les choses de ce genre prennent des dizaines de milliers d’années... Aucun doute que l’ingéniosité de la science trouvera des solutions à ces choses si nous ne faisons pas tout sauter avant », a-t-il déclaré. J’ai aussi trouvé un autre contestataire, le professeur Steve Jones, généticien à la University College of London qui a pour sa part déclaré qu’ « à première vue, c’est un cas classique de science de faculté des arts. Peu importe l’hypothèse, donnez-moi les données et là, il n’y en a aucune ».

Ouf ! C’est rassurant de savoir que ce n’est pas tout le monde qui est en accord avec G. Crabtree, non ? Même les indicateurs de QI sont contre lui ! Effectivement, notre QI n’aurait cessé d’augmenter ces dernières décennies. Mais le chercheur a une explication. Gerald dit que cela résulte de meilleurs soins prénataux et d’une meilleure alimentation. Tant pis pour lui, moi je veux rester brillante, na !

Voilà, c’est déjà la fin de cet article. Bonne semaine, chers intelligents lecteurs !

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