Éditoriaux
Sports
Environnement
Société
Socio-culturel
Technologie
Ligne du menu
Portail
T&ealé du menu

Décès de Roger Ebert

On se verra au cinéma, Roger

Félycia Thibaudeau - 5e secondaire le 21-04-2013 à 10:33


Je suis rarement remuée à la mort d’une célébrité. Je ne la connais pas personnellement ; elle ne me connaît pas non plus. Cependant, je dois dire que j’ai été sincèrement consternée d’apprendre le décès d’une de mes ressources les plus chères en matière de cinéma : le célèbre critique Roger Ebert. Mon idole s’est éteinte le jeudi 4 avril à l’âge de 70 ans.

Cela s’est passé seulement deux jours après avoir écrit sur son blogue qu’il continuerait à écrire (moins souvent par contre) malgré ses traitements de radiothérapie suite à la réapparition d’un cancer. Dans cet article (A Leave of Presence), il fait un bref point sur sa vie et remercie humblement tous ses lecteurs qui l’ont suivi durant ses 46 ans de travail passionné pour le Chicago Sun-Times. Quand je lis ces mots, cette conclusion en quelque sorte, je le sens encore bien présent, derrière son clavier.

Ebert était un homme incroyable. Il est notamment le premier critique cinématographique à être lauréat, en 1975, du prix Pulitzer (distinction considérée parmi les plus prestigieuse en journalisme aux États-Unis) et à voir son étoile apparaître sur le Hollywood Walk of Fame en 2005. Il a également instauré les fameux pouces levés ou baissés (Two Thumbs Up) avec son défunt acolyte, Gene Siskel. On peut dire que Roger Ebert a eu une carrière très prolifique, ayant animé plusieurs émissions, publié plus de vingt livres et une douzaine de recueils de critiques, fondé son propre festival de films (le Eberfest) et rendu l’appréciation du septième art accessible à tous, dont moi.

En 2002, il a été diagnostiqué pour un cancer de la thyroïde et des glandes salivaires. Quatre années plus tard, il a perdu l’usage complet de la parole. Malgré tout, cet événement n’a pas changé sa ferveur pour son métier : il a continué jusqu’au bout à projeter sa voix —la voix du cinéma— par le biais de l’écriture. Sur son blogue, Facebook et Twitter, les lecteurs d’Ebert ont pu suivre son évolution et celle du cinéma.

On a perdu un grand homme. Selon moi, personne ne peut l’égaler : je le considère vraiment comme un artiste à part entière qui a tout donné pour rendre honneur au cinéma. On sentait qu’écrire des critiques était bien plus qu’un travail. On sentait son naturel, sa vérité, sa passion pour les films. Il avait une réelle aisance pour communiquer efficacement ses impressions. Il comprenait les films. Il aimait les films. Il vivait pour les films.

J’ai très hâte de voir le résultat de la collaboration entre Steve James (Hoop Dreams) et Martin Scorcese (Taxi Driver, Raging Bull) qui travaillent sur un film consacré au journaliste. Il n’y a pas encore beaucoup d’informations à ce propos, mais l’œuvre est très prometteuse.

Vous savez, si un jour je me lance en cinéma, je pourrai dire que Roger Ebert y a contribué en partie. En attendant, je vais continuer à aller puiser des connaissances dans ses écrits et m’en inspirer. Si j’avais la chance de le voir en personne, je lui dirais un sincère « merci » pour tout.

L’article « A Leave of Presence », que je vous mentionné précédemment, se conclut par les mots suivants : « En ce jour de réflexion, je vous le redis : merci de m’accompagner dans cette aventure. On se verra au cinéma. »

Et je lui réponds : on se verra bientôt au cinéma, Roger.

Source du logo : http://www.hark.com/blog/2013/04/two-thumbs-up-well-miss-you-roger-ebert/

Espace privé Recalculer cette page *