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JE SUIS UN GARÇON, TU ES UNE FILLE, NOUS SOMMES CAPITALISTES

Léo Paquette-Greenbaum - 3e secondaire le 25-05-2013 à 15:40


Cet article porte sur quelque chose qui me dérange depuis longtemps. Jeudi dernier, j’ai encore réalisé que malgré les progrès dans notre société, cette chose allait demeurer tatouée dans notre identité sociale pour bien longtemps. Elle pourrait même prendre de l’ampleur avec les années…



Le jeudi en question, j’étais en train de passer un bel après-midi avec mes copains de théâtre dans le parc. Nous pratiquions donc nos activités habituelles de théâtreux comme s’étendre sur la pelouse, se balancer sur les balançoires, écouter de la musique, lancer nos souliers. Cela pour un bon deux heures, jusqu’à ce qu’on commence à avoir faim. Pour nous alimenter : le dépanneur du coin. Des croustilles, des bonbons, une barre de chocolat et un thé pour nous rassasier tous.



C’est là que réapparaît cette chose en question. Je m’approche du comptoir pour payer la barre de chocolat et les chips lorsque j’aperçois les oeufs Kinder disposés dans une boîte en plastique qui se trouve sur le comptoir. Cette fois-ci, plutôt que les oeufs soient de leur bicolore blanc et rouge habituel, ces oeufs étaient disposés en rangées dont la moitié était… tricolore : rouge, blanc et ROSE !



Non, pas des oeufs Kinder pour le cancer du sein, mais bien des oeufs Kinder pour filles  ! Voilà ce qui me dérange : pratiquement tout ce que nous faisons ou consommons est catégorisé pour garçons ou pour filles, jusqu’aux oeufs Kinder que nous consommons. Et le pire, c’est que Kinder s’en fout que les jouets à l’intérieur de l’oeuf chocolaté soient divisés garçons-filles. Ce n’est qu’une stratégie de marketing pour insister les consommateurs à acheter plus. Encore plus.



Cette stratégie de marketing s’applique à quasiment tous les jouets pour enfants. Si vous allez dans un magasin de jouets, disons Toys « R » Us, vous remarquerez que le magasin est divisé, tout comme les Kinder Surprise, en étalsages pour garçons et en étalages pour filles. Vous remarquerez que la section des garçons est plutôt composée de Legos, de ballons, de faux pistolets, etc., alors que la section des filles est recouverte d’une teinte plus ou moins foncée du même rose, que ce soient les poupées ou les cuisinières-jouets (le féminisme a encore un but, vous savez !)



À une autre époque, cette division était nécessaire. Il fallait des hommes, plus musclés qui pouvaient chasser et aller à la guerre, alors que les femmes devaient s’occuper des enfants puisque ce sont elles qui les portaient et qui les allaitaient. Les enfants apprenaient comment jouer un jour leur rôle d’hommes et de femmes dans la société. Les filles jouaient avec des poupées pour apprendre comment s’occuper d’un enfant et les garçons jouaient avec les épées en bois pour apprendre comment se batailler à la guerre. Cela va jusqu’à influencer leurs cercles d’amis. Les garçons côtoient les garçons et les filles, les filles, puisqu’ils ont plus en commun.



Ce système perdure encore aujourd’hui, mais c’est dépassé ! Maintenant, à part le fait que ce soit gravé dans notre culture, ce système ne continue qu’à cause du capitalisme. Prenons une famille ayant une fille et un garçon. Maintenant que la fille est trop grande pour jouer encore à la Barbie, les jouets sont donnés au petit garçon. Mais le petit garçon ne veut pas les Barbies de sa soeur ainée puisque les petits garçons apprennent à partir du plus bas âge que les garçons ne jouent pas à la Barbie : les vrais garçons jouent au cowboys ou aux petites voitures. Les parents sont donc incités à acheter de faux pistolets et de petites voitures pour que leur garçon soit satisfait et accepté parmi ses compagnons. Cela créé un cycle infernal dont les compagnies se réjouissent. Keching !



Et cela ne se termine pas après l’enfance. Notre sexe nous dicte encore comment marcher, comment s’habiller, comment parler ou quelles activités choisir. Je ne comprends toujours pas pourquoi je suis le seul gars dans mon cours de peinture (surtout si nous regardons en rétrospective les peintres célèbres du 20e siècle). Je ne comprends pas pourquoi si nous ne nous conformons pas à ces normes établies par la société, nous devons en subir les conséquences. Et si nous ne les aimons pas ces normes, on se conforme quand même  ?



C’est pourquoi j’aimerais vous rappeler à tous que seul ce qu’il y a entre vos deux jambes détermine si vous êtres un vrai gars ou une vraie fille. Je vous invite donc à vivre votre vie comme vous le voulez, peu importe ce que la société tente de vous imposer.



logo de l’article : ladylikeblog.com

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