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L’intimidation ? Je dis NON !

Georges Awaad le 27-11-2013 à 23:45


Devinette de la semaine : Monsieur et Madame Lejardin ont deux filles. Comment s’appellent-elles ?

Ah, quoi de mieux que d’écrire sur un sujet qui m’interpelle et qui interpelle de nombreuses écoles secondaires dont notre cher collège ! Certains auront probablement déjà deviné de quoi je parle : je parle bel et bien d’INTIMIDATION ! J’en parle pour conclure la semaine de l’intimidation, qui vient de s’achever (elle a eu lieu du 17 au 23 novembre).

Je sais bien qu’une conférence sur le sujet a déjà eu lieu, mais cette conférence ne parlait que de l’intimidation dans les écoles secondaires. Peu de gens ont conscience du fait que l’intimidation peut se manifester à tout endroit et en tout temps, pas seulement dans le monde des adolescents. De plus, malgré les nombreuses conférences organisées dans le but de nous sensibiliser ainsi que notre entourage à l’intimidation, cette dernière est encore loin de tirer à sa fin. On n’a donc pas encore fini d’en parler. Dans cet article, je reviendrai sur certains détails importants de la conférence et je décrirai brièvement un cas où sont impliqués non pas des jeunes de notre âge, mais bien des adultes.

Cette conférence a été présentée par une ancienne victime d’intimidation, M. Louis-Philippe Thibault. On pouvait très bien voir que l’intimidation n’est pas un sujet qu’il prend à la légère.

« Je suis quelqu’un d’assez optimiste, qui aime rire de presque tout dans la vie », a-t-il affirmé. « Par exemple, j’ai survécu à un cancer, et j’ai gardé le sourire pendant que je l’avais. Mais s’il y a une chose dont je suis incapable de rire, c’est l’intimidation. »

« Quand j’étais en 3e secondaire, je me suis dit que si je commettais un acte rebelle, je pourrais avoir l’air plus cool devant les autres élèves afin qu’ils me laissent peut-être m’asseoir à leurs tables au dîner », a-t-il continué. « J’ai donc volé… un œuf Cadbury de la cantine de l’école. Mon plan ne s’est pas déroulé comme prévu : une surveillante m’a appelé et m’a demandé de vider mes poches. J’ai dû révéler mon butin et j’ai poursuivi mon périple vers le bureau du directeur. J’étais sur le point d’être renvoyé de l’école. Je n’avais pas le choix : il fallait que je parle de mon histoire d’intimidation. Je lui ai tout raconté et depuis, mes intimidateurs ne m’ont plus jamais perturbé. »

Comme vous avez pu le remarquer, la solution à l’intimidation est très simple. Cette solution, c’est de ne jamais se taire. Lorsqu’on est intimidé, il faut en parler à une personne digne de notre confiance. M. Thibault a appris cette leçon de la manière forte. Il a couru un risque énorme en volant de la cantine et a été chanceux d’avoir été pardonné par le directeur.

Les adultes peuvent aussi être victimes d’intimidation. D’ailleurs, 42% des travailleurs ont vécu de l’intimidation au moins une fois au cours de leur carrière. Je conclus avec ces cas d’intimidation mettant en vedette des adultes.

Une dame nommée Nadia G. Michaud a été intimidée pendant sept mois par son ancien directeur de succursale. Ce dernier avait un comportement non éthique envers la compagnie et a dit à Nadia de nombreuses fois qu’il s’arrangerait pour qu’elle soit congédiée si elle le dénonçait au patron. Elle s’est donc abstenue jusqu’à ce qu’elle obtienne la chance d’en parler à son patron pendant une conversation téléphonique avec lui, et le directeur a été congédié.

Une petite histoire pour conclure : c’est l’histoire d’un jeune garçon de neuf ans qui se faisait intimider. Tous les jours, il devait subir des agressions physiques en plus des blessures émotionnelles que laissaient les vilaines insultes de ses agresseurs. Yeux au beurre noir, dents brisées, volées, rien ne manquait. Mais ce garçon a tout de même réussi à devenir premier ministre du Québec lorsqu’il a atteint l’âge adulte. Récemment, il s’est joint à la campagne web de la Fondation Jasmin Roy sur ce « mal destructeur de la société ». Sur le compte YouTube de cette fondation, on peut voir des vidéos montrant notamment le chef d’orchestre Yannick Nézet-Séguin, les acteurs Jay Baruchel et Yan England, l’animateur Gino Chouinard et le skieur acrobatique Alexandre Bilodeau. Qui est donc ce garçon mystère ? Eh bien, c’est Lucien Bouchard.

Les cas précédents n’en sont que trois parmi tant d’autres. Néanmoins, dans tous les cas, la solution à l’intimidation est de ne pas se taire et d’en parler. C’est un acte crucial qui peut faire une énorme différence. Il ne faut jamais penser que la situation se réglera d’elle-même avec le temps. L’intimidation a déjà été la cause de beaucoup de suicides (Amanda Todd, par exemple). Il faut en parler le plus tôt possible afin que cela ne se reproduise plus (et de ne pas tomber dans une situation à risque comme M. Thibault). Cette règle s’applique aussi à des témoins d’une intimidation. Si vous en êtes témoin, vous devez vous impliquer afin d’empêcher l’intimidateur de causer davantage de dégâts à ses victimes. Si l’intimidateur refuse de collaborer, vous devez en parler à une personne qui pourrait avoir un moyen de régler le problème, que ce soit un enseignant, vos parents ou même votre patron, s’il y a lieu. Si davantage de gens s’engageaient à agir ainsi, l’intimidation serait de moins en moins fréquente et on vivrait dans un monde meilleur. J’irai même jusqu’à dire qu’elle pourrait disparaître pour de bon, ce qui n’est pas impossible si on s’y met tous dès maintenant.

P.-S. : Réponse à la devinette de mon article précédent : parce que c’est bon pour l’haleine (la laine).

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