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HIPTERS, CONDOS ET GENTRIFICATION

Léo Paquette-Greenbaum - 4e secondaire le 7-12-2013 à 17:20


Cette semaine, je vous offre un peu beaucoup de me, myself and I (redondant, non ?) Mais avant, parlons un peu de HoMa. Connu formellement sous le nom de Hochelaga-Maisonneuve, ce quartier a connu un récent essor dû à la gentrification. Selon Wikipédia, la gentrification est un phénomène urbain par lequel des arrivants plus aisés s’approprient un espace initialement occupé par des habitants ou usagers moins favorisés, transformant ainsi le profil économique et social du quartier au profit exclusif d’une couche sociale supérieure. Continuez à lire pour connaître ma propre définition.

En ce beau début de décembre, quatre entreprises de HoMa se sont fait vandaliser : des briques ont été lancées à travers les fenêtres. Les briques étaient accompagnées d’un message adressé aux commerçants les traitant de colonisateurs et les menaçant en leur indiquant qu’ils ne sont pas en sécurité dans ce quartier. Lors d’une conférence de presse regroupant les leaders de cet arrondissement ainsi que quelques entrepreneurs, le public a démontré son insatisfaction par de nombreux propos au ton hostile, dont plusieurs portant sur les nombreux projets de condos ainsi que la hausse du prix des loyers dans le quartier qui en découle.

Alors que Hochelaga-Maisonneuve n’en est qu’au début de sa gentrification, on peut imaginer les effets futurs se basant sur l’histoire d’autres quartiers plus embourgeoisés, notamment celui de Griffintown dans lequel j’habite depuis ma naissance et dont j’ai pu observer l’évolution au cours de mes 15 années de vie. Une petite marche sur la rue Notre-Dame m’a fait constater à quel point le quartier avait changé. L’antiquaire-crêperie de l’Est est devenu un restaurant de tartares et de carpaccios, style 25 $ par personne, alors que d’autres sont devenus Starbucks, pâtisserie, pizzeria, centre de yoga, etc. La galerie d’art que j’aimais tant visiter ? Déménagée… trois fois ! Pour finalement se retrouver à temps partiel dans un immeuble abandonné sans plafond ! L’horizon était inondé d’affiches promotionnelles pour ces nouveaux projets de condominiums. C’est toujours pareil : un couple blanc à la fin de la vingtaine, habillés en t-shirts blancs, en train de manger leur petite salade de chou blanche dans des petits bols blancs ! Il était temps que je retourne à la maison !

À ceux qui se croient « hipster » parce qu’ils habitent dans une ancienne usine en brique du 19e siècle transformée en condos, soyez conscients des dommages que vous créez. Vos Starbucks et votre yoga ne font qu’homogénéiser nos quartiers. Moi je l’aimais bien la galerie d’art, mais maintenant la propriétaire peine à payer pour un petit… trou ! Si vous voulez que l’on devienne comme New York où il est impossible de se trouver un logement de taille décente sans dépenser une fortune, continuez comme ça !

Il est important pour les responsables municipaux de prendre des mesures contre cette loi du plus fort, afin de rendre possible la cohabitation entre riches et pauvres, entre petites et grandes entreprises...

Chanson de la semaine : (There’s) Always Something There To Remind Me de Lou Johnson

Logo de l’article : devmcgill.com

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