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Livres

Inferno, de Dan Brown

Emmanuelle M. Masson - 2e secondaire le 10-02-2014 à 13:03


Énigme de la semaine : Un roi fut décapité. Deux moines eurent la tête tranchée. Pourtant, il n’y a eu qu’un seul mort : pourquoi ?

Bonjour chers lecteurs ! Alors, avez-vous hâte d’enfin arriver au jour de la sortie ? Avez-vous vos projets pour la St-Valentin ? Personnellement, j’ai mes projets pour le 13 février ! Une fois de plus, je vous invite à un match d’improvisation qui se passera ici même, dans notre collège, à la cafétéria des 3e secondaire de19h à 21h si vous avez envie de vous détendre un peu. Mais si vous préférez une soirée tranquille et lire un livre, je vous conseillerais dans ce cas Inferno, de Dan Brown. J’ai lu ce livre récemment et j’aimerais vous en parler cette semaine.

Comme d’habitude, les critiques ont jailli de toutes parts : positives et négatives. Ce livre, en plus de nous proposer une énigme, une course contre le temps, des poursuites et une trame de fond qui repose sur l’Histoire (plus précisément sur l’oeuvre L’enfer de Dante), offre un questionnement éthique sur la surpopulation. Laissez-moi vous faire un petit résumé de ce bouquin. Tout commence lorsque Robert Langdon se réveille à l’hôpital, amnésique. Que fait-il à Florence ? Mais plus important encore : pourquoi quelqu’un a-t-il essayé de le tuer ? À peine a-t-il le temps de remettre de l’ordre dans ses pensées que la poursuite reprend, et une mystérieuse femme semble lui en vouloir au point de le tuer. Aidé d’une jeune femme, il s’enfuit et découvre rapidement qu’il est en possession d’un message codé venant d’un scientifique. Ce dernier, un génie, a voué sa vie à tenter d’éviter la fin du monde qui approche en raison de la surpopulation. Le professeur en « symbologie » (comme dit dans le livre) d’Harvard se retrouve au milieu d’une enquête qui vous tiendra le souffle court jusqu’à la fin. Saurez-vous trouver la solution avant lui ?

Comme je l’ai dit, il y a plusieurs sortes de critiques, et à mon étonnement, beaucoup n’apprécient pas ce livre. Certains ont trouvé que l’auteur s’attaquait trop à l’Église, au Vatican : « C’est le fil rouge qui unit ses romans », dit Massimo Introvigne, directeur du CESNUR. Celui-ci affirme même que la surpopulation (de l’espèce humaine) n’est pas un problème, car dans certains pays, le taux de naissance est trop peu élevé. Selon son point de vue, ce roman –dont Dan Brown dit que c’est plus qu’un roman– incite à l’avortement, l’euthanasie et à la stérilisation. Dans un autre ordre d’idée, certains reprochent au roman la trop grande description de certains lieux. J’ai pu retrouver cet élément dans quelques critiques et je suis assez neutre là-dessus. N’ayant pas lu ses autres œuvres littéraires, je ne peux pas vraiment comparer, mais j’avoue que je ne suis pas très fan de la description de lieux alors que ce que je veux savoir, c’est : que se passera-t-il ? Cependant, si l’on prend son temps pour lire, cela permet de se faire une idée claire du lieu et lors de possibles voyages à Florence, de dire « Regarde ! Dan Brown a décrit cette partie-là ! » Par contre, les points forts ne manquent pas ! Malgré le message passé à travers le livre, l’action et les poursuites sont bien écrites et permettent de se plonger dans l’histoire. Il est assez intéressant de lire et de découvrir les significations se cachant dans les œuvres anciennes. C’est comme un mélange de passé et de présent !

Dan Brown a été interviewé par « La vie », et vous pourrez trouver l’interview ici. À la question « L’une des formes contemporaines de l’enfer dans votre roman est la surpopulation. Pourquoi ce choix ? », l’auteur a répondu que c’était une préoccupation à ses yeux. Dans le livre, nous voyons que la famine, la maladie (peste) et les inondations ne seraient pas des maux : ce ne seraient que des symptômes de la surpopulation ! « Si vous connaissez une personne de 85 ans, dites-vous que depuis sa naissance, la population mondiale a été multipliée par trois », dit-il. Cet écrivain pense que notre planète ne peut pas subvenir au nombre d’humains qui la peuple, et que cela nous mène droit dans un mur. Toujours dans le même interview, il affirme que les auteurs comme lui ont une responsabilité qui vient avec la célébrité : faire passer un message, écrire des livres qui feront se poser des questions. Cela donne d’ailleurs un très beau résultat : l’une des parties que j’ai le plus retenues du roman est celle qui demandait une réflexion éthique. Imaginez être devant un bouton qui, lorsqu’il est activé, tuerait aléatoirement la moitié de la population mondiale. Vous-même auriez une chance mourir. Enfonceriez-vous ce bouton, sachant que la surpopulation mondiale nous conduit tous vers la fin du monde ?

Selon ma propre critique, ce livre est un incontournable pour les gens qui aiment réfléchir à des questions éthiques, des questions qui touchent tout le monde. En le lisant, non seulement on peut se plonger dans une enquête policière et une course-poursuite contre la montre, mais on apprend aussi beaucoup de choses et particulièrement en ce qui concerne la surpopulation. Je vais terminer mon article comme Dan Brown a débuté son livre, avec cette phrase : « Les endroits les plus sombres de l’enfer sont réservés aux indécis qui restent neutres en temps de crise morale ».

Réponse à l’énigme : seul le roi a été tué. En relisant bien, on voit que les deux moines ont reçu la tête tranchée du roi !

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