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Cinéma

La peur d’avoir... peur !

Emmanuelle M. Masson - 2e secondaire le 23-02-2014 à 10:37


Énigme de la semaine : Un chat est né en l’an -10 et meurt en l’an 2 : quel âge avait-il à sa mort ?

Bonjour chers lecteurs ! Au moment où j’écris ces lignes, le Canada a glissé de la deuxième à la troisième place dans la course aux médailles olympiques. Il faut malgré tout avouer qu’avec 24 médailles, nous avons tout de même de quoi être fiers ! Mais bon, je ne referai pas un autre article sur les Olympiques. De quoi parlerai-je dans ce cas ? (Attendez une seconde que je m’allume une lampe de poche sous le menton) Ah voilà : pourquoi donc les films d’horreur font-ils si peur ?

Une forêt, la nuit, où pas un seul oiseau ne chante : le silence règne. Un silence de mort. Une adulte, une belle femme blonde qui s’est retrouvée dans la forêt hantée tout à fait par hasard, se frotte les bras pour se réchauffer. Elle cherche ses amis sans apercevoir une présence derrière elle. « Retourne-toi ! », pensent les spectateurs tout en avalant une poignée de « popcorn ». Une petite musique s’élève lorsque le tueur en série s’approche de son innocente victime, marchant si lentement qu’on dirait un ralenti. Dans sa main, un piège à ours attaché à une chaîne en guise d’arme. Puis sans prévenir, en une fraction de seconde, il frappe sa victime : elle hurle, souffre, mais ne meurt pas ! La scène a été si violente que le spectateur a sursauté tandis que le tueur saisissait sa proie pour l’emporter avec lui, s’enfonçant dans les profondeurs de la forêt. La fille, elle, se débat vainement, la jambe prise dans le piège à ours…

Ceci est une scène typique – mais imaginée de toutes pièces par moi – d’un film d’horreur. La forêt sombre, la nuit, la victime innocente (et souvent belle), le tueur maniaque avec une arme qui n’a pas l’air de faire du bien, la petite musique sinistre de mauvais augure, le sursaut, la souffrance sans la mort et, finalement : le mystère. Les réalisateurs sont parfois très bons pour présenter des films d’horreur… mais pourquoi ? Comment quelques images sur un écran peuvent-elles à ce point donner des cauchemars à plusieurs ? Voyons quelques-unes de ces raisons ensemble.

Sans aucun doute, l’adrénaline est le facteur le plus souvent mis en cause dans les sites que j’ai consultés. Oui, ce même désir d’adrénaline qui pousse quelqu’un à faire quelque chose comme sauter en bungee au-dessus une rivière pleine de crocodiles. « Les gens vont voir des films d’horreur parce qu’ils veulent avoir peur, sinon ils n’iraient pas deux fois », explique Jeffrey Goldstein, professeur de psychologie sociale. Il existe une théorie disant que l’on regarde des films d’horreur pour faire monter l’adrénaline, puis pour la voir descendre à la fin du film. Par exemple, combien parmi vous ont déjà vu le film « La cabane dans les bois » ? Ce genre de film est apprécié, car il nous donne des émotions alors que nous sommes bien en sécurité dans notre salon. On se dit que cela ne peut pas nous arriver, alors qu’au contraire tout cela semble nous arriver. Je m’explique : dans beaucoup de films d’épouvante, les personnages principaux sont rarement des gens hors de l’ordinaire. Ce sont des gens ayant une vie normale et innocente qui se trouvent mêlés dans une histoire de… zombies par exemple. Ce sont souvent des adolescents ou de jeunes adultes, car avouons-le, nous faisons partie du public ciblé dans ce genre de représentations.

C’est un véritable rite social, car la plupart du temps, les gens préfèrent regarder un film d’horreur en compagnie d’autres personnes. Ça permet de se rassurer un peu ou, au contraire, de rire des scènes exagérées où le héros est tranché en quatre et qu’il y a des dizaines et des dizaines de litres de sang qui giclent un peu partout. Certains films sont si ridicules d’ailleurs qu’il est presque impossible de ressentir la peur en les visionnant ! Mais les autres, eux, permettent de se défouler. C’est un divertissement complètement irréaliste qui, pourtant, réussit à se frayer un passage dans la région « ça pourrait m’arriver » de notre imaginaire. Mais puisqu’il en résulte certaines peurs ou phobies, même parfois des cauchemars, une question s’impose : pourquoi s’infliger de telles frousses ? Certains mordus de films d’horreur confient que cela constitue une échappatoire pour eux et que cela leur permet de se sentir plus vivant… en en voyant d’autres mourir ! Sans oublier que pour regarder un film d’horreur, il faut quelquefois tricher un peu sur son âge.

« Le plaisir que nous ressentons devant un film d’horreur est similaire à celui qu’on éprouve lors d’un tour de montagnes russes, fait remarquer Frank Lafond, auteur de “Cauchemars américains – Fantastique et horreur dans le cinéma moderne”. On saute sur notre siège, on retient notre souffle dans les moments de tension, bref, on reçoit une bonne dose d’adrénaline, sans que cela ait des répercussions à long terme. Jouer avec sa peur, c’est retourner en enfance. » Dans votre enfance, avez-vous déjà vu une image qui vous a fait peur sans que vous ne compreniez ? Avez-vous déjà subi un traumatisme, avez-vous une phobie ? Tous ces éléments vous indiquent probablement quels films d’épouvante vous préférez. Peut-être qu’à sept ans, vous avez vu quelqu’un de plus âgé que vous jouer à un jeu avec des zombies et en avez eu peur. Plus tard, quel film allez-vous voir : un film de zombie, car étrangement, c’est une peur qui vous est restée. Le psychiatre Serge Tisseron affirme que nous choisissons nos types de films en fonction de nos propres peurs. « Dis-moi quels sont les films d’horreur que tu recherches, et je te dirai, non pas qui tu es, mais ce que tu redoutes. »

Pour conclure cet article, j’aimerais vous suggérer un lien YouTube. C’est une vidéo réalisée par le Fossoyeur de films qui analyse entre autres la mythologie dans les films et d’autres sujets liés au cinéma. Je vous propose donc une vidéo intéressante sur « La peur au cinéma » tout en vous souhaitant une bonne semaine !

Réponse : Il aura 11 ans. Hé oui, l’an 0 n’existe pas !

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