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Pollution

Un suicide à grande échelle

Emmanuelle M. Masson - 2e secondaire le 8-04-2014 à 13:28


On l’appelle le septième (ou huitième) continent. Dans le nord-est du Pacifique, entre la Californie et Hawaï, les déchets produits par les activités humaines et déversés dans les océans sont acheminés par les courants marins vers un nouveau « continent » boulimique dont la taille atteint près de 3,5 millions de km². Je vous parle de l’île de déchets, chers lecteurs. J’aimerais tout de suite vous avertir : l’article qui suit est dur, donc âmes sensibles, s’abstenir. Je ne mâcherai pas mes mots, car pour faire réaliser au monde l’ampleur des dégâts que l’homo sapiens a causés… il faut parfois être honnête. Et l’honnêteté peut sembler méchante…

MIDWAY a Message from the Gyre : a short film by Chris Jordan from Midway on Vimeo.



Des animaux, inconscients du danger, avalent nos déchets et s’intoxiquent. Comme leurs bébés ne sont pas capables de faire la différence, ils sont involontairement intoxiqués à leur tour par leurs parents et meurent eux aussi… probablement en souffrant énormément. Dans leurs dernières minutes de vie, ils ont beau se débattre, ils ne savent pas ce qui leur arrive, alors que les humains le savent : ce sont les jouets, les objets en plastique, les sacs, bref, les déchets que nous avons jetés. Ils ont dérivé dans l’océan pour rejoindre le septième continent. Chers lecteurs, je ne vous parle pas de quelque chose qui est déjà arrivé ou qui relève du passé : c’est maintenant et ce n’est pas de la science-fiction ! Ça se passe actuellement, dans l’océan atlantique, et ça empire de minute en minute. Sans le vouloir, nous avons tous déjà tué au moins un animal.

« Ce n’est pas ma faute ! Moi, je recycle et je composte. » Oui, certes, mais sensibilises-tu les gens autour de toi ? Chaque année, 250 millions de tonnes de plastique sont produites, et plus de 10 % se retrouvent dans la mer… avec les 6 millions de tonnes de déchets jetés à la mer par les navires, évidemment ! Certains déchets jetés aujourd’hui ont une durée de vie de 1000 ans, donc en 3014, le problème sera encore là ! Après, il ne faut pas s’étonner si quelques scientifiques affirment haut et fort que l’espèce humaine est vouée à l’extinction, et qu’avant de tomber, nous aurons amené le plus d’espèces possible avec nous. L’île de plastique pourrait atteindre la taille de l’Europe d’ici une vingtaine d’années. Au moins, l’île méritera vraiment son nom de « continent ».

Le nettoyage coûterait beaucoup trop cher, serait trop long et serait un projet bien trop lourd pour être achevé. Marcus Eriksen, directeur de recherche et d’éducation à la Algalita Marine Research Foundation, déclare : « Il n’y a rien que nous puissions faire maintenant, à l’exception de ne pas faire plus de mal ». Jusqu’où ira l’espèce humaine pour tenter de gagner du temps ? Puisque tout semble être fini, je suis certain que beaucoup se diront qu’avoir l’esprit écolo n’y changera plus rien. Frank Fenner, un scientifique réputé, ajoute ceci : « L’Homo sapiens devrait disparaître, peut-être dans 100 ans. Un grand nombre d’autres animaux également. C’est une situation irréversible. Je pense qu’il est trop tard. J’essaie de ne pas trop le dire, car il y a des gens qui essaient de faire changer les choses. Les efforts de réduction ralentissent un peu les choses, mais il y a déjà trop de monde sur Terre. » Sur une Terre surpeuplée et trop polluée, il n’y a plus de place pour l’homo sapiens. Peu importe d’où nous venons, si c’est une forme de vie supérieure qui nous a créés, elle doit certainement nous contempler avec des yeux ronds comme des billes, en se tapent le front en se disant « Non, mais quels imbéciles ! Ils détruisent carrément une planète entière ! »

Pas encore touchés par la crise ? Ne vous inquiétez pas, notre tour viendra bientôt ! Imaginez le voyage d’un petit poisson. Il nage, mange du plastique et s’intoxique. Un plus grand poisson arrive, mange le petit, s’intoxique. Un oiseau vient, mange le poisson et s’intoxique. Il donne la nourriture intoxiquée à son petit… qui s’intoxique. Cette espèce d’oiseau disparaît lentement, intoxiquée. Celui qui était le prédateur de l’oiseau suit le cycle et disparaît aussi. La chaîne alimentaire au complet se brise, déséquilibre le système de l’humanité et nous voilà partis pour une fin du monde, bien réelle cette fois ! Mais qu’attendons-nous pour agir ? Faudra-t-il que chaque personne soit au bord de la mort pour réaliser quelle terrible erreur nous avons faite ? Réveillez-vous, bon sang ! Beaucoup de jeunes se plaignent de n’avoir aucun impact sur le monde à cause de leur âge… hé bien, c’est le moment d’en avoir. Parlez-en autour de vous, informez des gens ! Moi, c’est mon frère qui m’a parlé de ce continent. Aujourd’hui, à mon tour, je transmets le message. Il faut faire quelque chose, et ce n’est pas tout simplement en jetant la boîte de biscuits dans la poubelle « recyclage » et la peau de banane dans la poubelle « compost » que nous arriverons à faire quelque chose ! Certains scientifiques tentent encore d’apercevoir une lueur d’espoir…

Je sais que cet article est assez différent de ceux que j’ai déjà faits. Il est plus dur, il ne réconforte pas, je ne l’ai pas écrit pour ça. Je l’ai écrit pour donner un choc, pour faire réaliser aux gens que l’humain court à sa propre perte. Plutôt que de chercher de la vie sur d’autres planètes, pourquoi ne pas se préoccuper de la vie sur NOTRE planète avant qu’il n’en reste plus ? Nos enfants n’auront pas une vie aussi douillette que la nôtre. Ils ne sauront peut-être même pas ce qu’est une vie douillette. Ne paressez plus, agissez !

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