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Débat

Bébé à vendre !

Emmanuelle M. Masson - 2e secondaire le 30-04-2014 à 17:14


Énigmes de la semaine (spécial hobbit !) : • Qu’est-ce qui a des racines que personne ne voit, qui est plus grand que les arbres, qui monte et pourtant ne pousse jamais ?
• Sans voix, il crie ; sans ailes, il voltige ; sans dents, il mord ; sans bouche, il murmure.
• On ne peut la voir, on ne peut la sentir. On ne peut l’entendre, on ne peut la respirer. Elle s’étend derrière les étoiles et sous les collines. Elle vient d’abord et suit après, elle termine la vie et tue le rire.


Honte à moi chers lecteurs ! J’ai oublié l’article-débat la semaine passée, je dois me reprendre cette semaine ! Je vous ai donc trouvé un sujet tout chaud et tout compliqué : êtes-vous favorable aux mères porteuses ? Est-ce une solution pour les couples ne pouvant pas avoir d’enfant ou est-ce la transformation scandaleuse d’une femme en marchandise ? Choisissez votre camp !

POUR
Pour les couples infertiles et homosexuels ne pouvant avoir d’enfants, cette solution est l’une des seules qu’ils ont. Mais attention, les gens qui sont pour cette pratique précisent qu’il faut une législation claire et stricte autour du phénomène des mères porteuses. Autrement, un trafic se créerait et ce ne serait qu’un nouveau problème sur nos bras. Et puis, ce n’est pas comme s’il n’y avait pas d’amour durant la grossesse ! Les couples se côtoient et ils peuvent aimer réellement (et même plus que de vrais parents, parfois) l’enfant qui grandit dans le ventre de leur « amie ». Ils l’auront réellement désiré, tellement qu’ils auront bravé toutes les paperasses juridiques pour avoir cet enfant. « C’est un don de couple à couple, de femme à femme », affirme l’un.

La femme enceinte n’est pas considérée comme un objet qui livre un bébé, loin de là ! Geneviène Delaisi de Parseval (psychanalyste, auteur de "Famille à tout prix", qui a suivi de nombreux parents et rencontré des mères porteuses) s’exprime à ce sujet : « Je rejoins les recommandations du Sénat : elle (la mère porteuse) doit déjà avoir eu des enfants, être en couple, ne pas avoir perdu un bébé ou être dans le besoin et pouvoir choisir le couple dont elle va porter l’enfant. Je pense également qu’elle ne doit pas avoir de liens de parenté avec le couple (…) ».

« Oui, mais c’est cruel de séparer la mère biologique de son l’enfant ! » croient certains. En fait, dans beaucoup de cas, la mère biologique et l’enfant gardent contact et celui-ci apprendra graduellement à comprendre les conditions de sa naissance. Cependant, cela n’affecte pas l’amour qu’il porte à ses parents adoptifs, car il était vraiment désiré et est réellement aimé. Il faut aussi se mettre dans la peau des couples infertiles : ils souffrent de ne pas pouvoir avoir d’enfants ! Et la mère porteuse agit en toute connaissance de cause, elle sait dans quoi elle s’embarque et dispose de son corps comme elle le souhaite en rendant service à autrui. De plus, la mère porteuse ne contribue généralement pas à la génétique de l’enfant : elle reçoit déjà l’embryon et n’a qu’à le porter, ce qui réduit déjà un peu l’instinct maternel qui pourrait la blesser lorsque les parents reprennent l’enfant. Pour apprendre l’histoire d’une mère porteuse heureuse de son choix, cliquez Ici



CONTRE
C’est scandaleux de voir comment, après toutes ces années de combats, les femmes sont ramenées à un état primaire de « porteuse d’enfant ». Pourquoi les couples s’intéressent-ils à la femme qui porte leur enfant à leur place ? C’est la porteuse et ils veulent suivre sa grossesse afin de s’assurer qu’elle ne gardera pas l’enfant disent certains. « Il ne faut pas banaliser les mères porteuses ! » intervient le Dr Jacqueline Mandelbaum, responsable du service de biologie de la reproduction à l’hôpital Tenon à Paris et membre du Comité consultatif national d’éthique. Sans oublier, évidemment, que les femmes s’attachent à l’enfant qu’elles portent : c’est l’instinct maternel, qu’on le veuille ou non. C’est la chair de sa chair, un être qu’elle a eu en elle neuf mois et avec lequel elle a tout partagé : des émotions jusqu’à la nourriture. Puis, il y a aussi les risques : comment oublier le baby blues, les fausses couches, les accouchements éprouvants, les césariennes, etc. ? Il faut privilégier l’adoption pour les couples infertiles ou homosexuels, car même si l’enfant qu’ils auront ne portera pas les gènes de l’un des membres du couple, il recevra de l’amour. C’est ça, le plus important.

« C’est une commercialisation du corps humain et un asservissement de la femme. On oublie qui elle est, ce qu’elle ressent, pour se focaliser uniquement sur le service que son corps va rendre. » Qui prendra les décisions, si l’enfant naît avec des malformations ou une maladie ? Le couple le prendra-t-il toujours ? Quelle est la solidité du contrat ? Et qui aimera l’enfant si des complications juridiques sont liées à lui ? Un enfant porté sans amour le sentira toute sa vie, qu’on le veuille ou non. Jusqu’où irons-nous avec ce phénomène ? Les femmes pauvres devront-elles un jour vendre leur corps comme un four à bébé pour les femmes riches ? Utiliserons-nous les femmes en coma végétatif comme mères ? Ce n’est pas parce que notre société est censée « évoluer » que nous devons rejeter tout ce qui est en place depuis des centaines et des centaines d’années. Et le pauvre enfant qui sert de transaction, tout ça pour satisfaire le caprice de couples qui ne veulent pas adopter ! Pour en savoir plus sur l’histoire d’une femme pour qui la grossesse par autrui (GPA) s’est mal passée, venez ici

Voilà, c’est tout pour cette semaine ! Comme vous le voyez, je suis restée neutre, mais personnellement je penche plutôt vers le « pour ». Nous ne sommes pas des bébés, nous n’oublions pas le combat de toutes ces femmes qui ont fait valoir leurs arguments dès qu’une femme propose de porter l’enfant d’un autre. Cependant, je crois qu’il ne faut pas exagérer ce phénomène non plus. Un cadre strict est nécessaire avec cette pratique. Porter l’enfant d’un ami, de gens de qui nous sommes très proches : pourquoi pas ? Mais les enfants d’inconnus : non. Personnellement, je ne pourrais pas le faire si j’ai l’impression qu’on ne s’intéresse à moi que parce que je porte un enfant. Mais moi, de toute façon, j’ai trop d’instinct maternel pour de toute façon songer à donner un enfant que j’aurais porté ! Il ne faut pas non plus oublier l’adoption, qui reste un moyen classique et qui aide des enfants en difficulté. C’est la meilleure option, celle à privilégier. Vous remarquerez aussi que je n’ai pas abordé les questions qui se posent lorsqu’un couple homosexuel souhaite avoir un enfant (comme le cas récent de ces deux hommes qui élèveront deux jumelles portées par une autre femme). Vous comprendrez que cette question concerne aussi un tout autre débat, rejoignant leur droit à se marier et à adopter. Et puis, prenons cela avec un grain de sel : Marie n’a-t-elle pas été la mère porteuse de Jésus pour Dieu ? Sur ce, bonne semaine !

Réponses aux énigmes • Une montagne • Le vent • L’obscurité

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