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Mini-miss : une grave erreur ?

Emmanuelle M. Masson - 2e secondaire le 21-05-2014 à 17:25


Bonjour, chers lecteurs ! Comment allez-vous ? Cet article est, vous l’aurez deviné, un article de débat. Le troisième samedi du mois est enfin arrivé, et je dois vous avouer que trouver un sujet sur lequel on peut débattre est beaucoup plus facile que de trouver un autre sujet. Cette semaine donc, avant de partir pour Toronto avec les autres élèves, j’écris pour vous un article à propos des « mini-miss », ces gamines qui sont des divas dès leur plus jeune âge grâce aux bons soins de leurs parents. Je me rappelle d’ailleurs que mon cher ami journaliste et théâtreux Léo Paquette-Greenbaum a abordé ce sujet dans son article « Un charme bien subjectif » (http://carrefour.reginaassumpta.qc.ca/spip.php ?article875)

POUR
Dire que savoir se mettre en valeur est inutile est complètement faux ! En effet, une personne qui vous voit pour la toute première fois vous jugera d’abord et avant tout sur votre apparence et sur votre façon de vous tenir. Et ce n’est pas juste en public : lorsque vous vous présentez à un entretien d’embauche, mieux vaut être prêt à charmer et non à choquer ou provoquer. Quelqu’un qui n’arrive pas à se mettre en valeur dans ce monde passera probablement derrière tous les autres pour les promotions et les bonnes positions dans son milieu de travail. Et puis, ce n’est pas si mal que ça ! Les fillettes apprennent à prendre soin d’elles, à se coiffer et à s’habiller. Et puis, les parents peuvent bien élever leurs enfants comme ils le souhaitent ! Les parents responsables savent où est la limite et ne la franchissent pas, contrairement aux idées reçues. L’éducation d’un enfant revient à ses parents, et non à quelques signataires de pétitions et journalistes. Combien d’entre vous, chères lectrices, ont déjà rêvé de pouvoir participer à un concours de beauté et de gagner ? Vous n’avez peut-être pas pu, mais ce n’est pas une raison pour empêcher les autres de le faire. Et pour beaucoup de fillettes, c’est aussi un jeu : elles jouent à être des princesses. Les parents dépensent leur argent, ce qui fait au moins rouler un peu l’économie. Ce n’est qu’un spectacle, rien de plus ! Comme les spectacles de fin d’année dans les écoles. Interdire les concours de mini-miss, c’est brider la liberté de tout un chacun et déformer la réalité : certains concours misent sur l’intellectuel plus que sur les vêtements et le maquillage. Cependant, il faut préciser que beaucoup sont pour ce genre de concours, mais au-delà d’un certain âge, comme 13 ou 16 ans. Et puis, il faut se rappeler que beaucoup d’enfants pratiquent du sport de façon intensive, aussi poussés par leurs parents pour qu’ils deviennent des champions ! Transformez les mini-miss en meneuses de claque, et cela deviendra du sport autorisé et personne ne protestera. Comme dernier point, j’aimerais rappeler que ce ne sont pas tous les enfants qui reçoivent de la pression de la part des parents. Beaucoup, comme celle-ci (http://leplus.nouvelobs.com/contribution/360409-ma-fille-participe-a-des-concours-de-mini-miss-c-est-sa-passion-je-ne-lui-impose-rien.html), ont choisi cela et n’ont pas été contraintes de le faire. Les concours de mini-miss développent la confiance, l’estime et, en plus, les petites filles se font des amies. Le débat a été assez actif, en France : « Si Madame Jouanno décide, comme elle en a exprimé l’intention dans son rapport publié lundi, de supprimer ces concours, simplement en s’appuyant sur l’exemple américain, aux antipodes de ce qui se passe aujourd’hui en France, et sur l’argument visant à dénoncer l’utilisation d’un maquillage "soutenu" et d’une tenue près du corps, pourquoi ne pas faire preuve de cohérence et supprimer les concours de patinage artistique, de natation synchronisée, les défilés de majorettes où les spectacles de gymnastique rythmique ? ».

CONTRE
C’est terrible de faire endurer une telle pression à des fillettes ! Ce n’est pas une vie pour elles : un enfant, ça doit jouer dehors, ça doit s’amuser, ça ne doit pas rester assis des heures durant en se faisant maquiller, coiffer et habiller. Et que dire de l’hypersexualisation ! Ce n’est pas un jeu pour elles de se déguiser en princesse et de défiler sur une scène en marchant comme une fille de joie. Elles deviennent des cibles de choix pour les pédophiles, et les parents laissent passer ça ? Dans un reportage, une fillette a affirmé qu’elle était triste quand elle perdait, car elle décevait beaucoup sa mère. Une petite fille ne devrait pas sentir qu’elle déçoit ses parents quand elle perd un stupide concours, quand elle ne se pavane pas assez bien pour un jury qui oublie qu’elles ont le droit et la liberté de jouer dehors plutôt que de se faire trimballer de ville en ville pour que ses parents gagnent de l’argent. « Le voyeurisme et la banalisation de la culture pornographique prennent le pas sur nos valeurs éthiques et morales, nous imposent de devenir des consommateurs sans sens de citoyenneté, en restant encore une fois ambigus sur ce qui devrait protéger les mineurs. » Les enfants ne sont pas des objets, on ne peut pas les commercialiser comme bon nous semble, surtout quand c’est pour les transformer en poupée géante. Un tel événement a failli se dérouler à Laval il n’y a pas si longtemps. Valérie Fortin, une des responsables de l’évènement, a affirmé : « On refuse d’utiliser le nom "concours de beauté" parce que [les candidates] ne sont pas jugées sur la beauté. C’est vraiment la personnalité et les réponses aux questions sur scène qui sont évaluées. Il n’y a pas de maquillage et les filles s’habillent dans des robes qu’elles porteraient à des mariages ou à l’église. Le but du gala est de renforcer l’estime de soi et la confiance des jeunes filles qui se présentent, pas de juger leurs apparences. Toutes les filles remportent une couronne et plusieurs autres prix pour s’assurer que tout le monde gagne. C’est certain que si une fille arrive décoiffée et que ses vêtements sont sales, elle va perdre des points. On demande une apparence soignée, mais dans des mesures raisonnables. » Ce à quoi plusieurs rétorquent : « À cet âge, les enfants doivent se concentrer sur l’acquisition de connaissances. Mais avec les concours de mini-miss et ces autres types d’événements, nous braquons les projecteurs sur leur apparence physique. J’ai de la difficulté à voir comment ces compétitions peuvent être dans l’intérêt des enfants ». Dans le fond, beaucoup de parents vivent leurs rêves à travers leurs fillettes… surtout les mères !

Voilà, chers lecteurs, c’est tout ! J’espère que vous aurez apprécié cet article. J’avais d’autres arguments sur lesquels j’aurais aimé développer davantage, mais faute de place, je m’arrête ici. Il est toujours possible de faire vos propres recherches et de vous exprimer vous aussi dans les divers débats !

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