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Cet article vaut bien un 85%...

Emmanuelle M. Masson - 3e secondaire le 1er-10-2014 à 23:37


Énigme de la semaine : un savant a fabriqué, dans le sous-sol de sa maison, un poison qui tue après avoir été au moins vingt minutes sur la peau de la victime et cinq minutes s’il a été avalé. Cependant, cet homme était un étourdi, il oublia de mettre ses gants et ses mains furent imprégnées du poison. Au bout de dix minutes, sa femme l’appela pour dîner : il monta et se lava les mains au robinet. Durant le repas, il s’écroula raide mort : on diagnostiqua que son poison l’avait tué. Comment a-t-il été empoisonné malgré qu’il se soit lavé les mains ?

Voyons donc… nous sommes le troisième samedi du mois. Qu’y a-t-il de spécial, le troisième samedi du mois ? Qu’y a-t-il de spécial aujourd’hui ? Il y avait la vente de garage… il y a eu de la nourriture… demain, il y aura les portes ouvertes… Ah ! J’avais failli oublier : les débats ! Les débats que vous aimez tant, selon moi. Fay estime qu’il y a environ 85 % de chances que vous aimiez ces articles (ceux qui ont joué à Zelda Skyward sword comprendront !) Cette semaine, je pense que je vais justement ouvrir un débat sur les pourcentages : nous allons nous attaquer aux notes ! Oui, je parle bien de ces notes d’examen, de ces notes de quiz, de devoir et de travaux divers. Ces deux (ou trois) chiffres qui ont défini dans quelle catégorie d’élève vous étiez devrait, selon certains, disparaître de certains établissements. Dans certains établissements, et même dans certains pays, où les performances scolaires sont parmi les meilleures, il n’y a pas de note qui soit donnée avant 11 ou 12 ans.

Beaucoup de parents désapprouvent cette idée de faire « avancer » le système, puisque les résultats de leurs enfants permettent de savoir où est le problème et, en cas de problèmes reliés à une matière, d’aider leur enfant. Les tuteurs sont rassurés de voir que leur enfant progresse bien en français avec ses 95 %, mais qu’il faut l’aider en mathématique parce qu’il n’a eu que 5 %. Parce qu’il faut se souvenir que le primaire, c’est un nouveau monde pour les enfants. Ils ne comprennent pas vraiment ce qui se passe. Lorsqu’on reçoit une mauvaise note, un professeur lève les yeux au ciel, un camarade se vante et rit de nous, alors on revient à la maisin et on doit affronter ses parents avec un examen raté à leur faire signer. Les notes sont-elles vraiment, comme beaucoup le disent, un moteur ? Cela propulse-t-il vraiment les élèves à faire de leur mieux, ou bien est-ce que recevoir une série de mauvaise notes ne les encourage-t-il pas plutôt à s’amuser davantage en classe et à devenir turbulent, puisque de toute façon, ils sont étiquetés comme « bêtes » et « en difficulté » dès le départ ? Des habitudes qui peuvent durer jusqu’au secondaire ! « Tant qu’à avoir de mauvaises notes, pourquoi est-ce que je devrais étudier et écouter la dame ? » C’est une réalité qu’on ne peut malheureusement pas nier.

Le problème avec ce débat, c’est que tous les enfants réagissent différemment. En un sens, chaque argument est bon et valide : tous les parents qui débattent parlent selon leur expérience et l’expérience de leurs enfants. Certains gamins voient une mauvaise note comme un signe qu’il faut étudier plus et redoubler d’ardeur, alors que d’autres voient une mauvaise note comme un signe qu’il est temps d’abandonner. Que faire, dans ce cas ? On ne peut pas supprimer les notes pour certains et les laisser pour d’autres. On ne peut pas séparer les élèves selon leurs réactions. Mais en même temps, est-ce que ce vieux système a fait son temps ou, au contraire, est-il si efficace que nous devons le garder ? Nombreux sont les spécialistes qui s’accordent pour dire que la question « As-tu eu des notes aujourd’hui ? » en est à ses derniers moments au primaire. « Plutôt que de morceler la confiance de l’enfant dès le plus jeune âge, il faut bâtir l’estime de soi », juge Eunice Mangano-Lunetta. Plusieurs pays affichent déjà ce système et s’en sortent très bien : les enfants ne sont notés que vers l’âge de 11-12 ans, c’est-à-dire que pour nous, ce serait 1 an avant l’entrée au secondaire. Mais moi, je me demande : ce système ne rajouterait-il pas du stress ? Je veux dire, en sixième année, ce n’est pas le moment de commencer à apprivoiser ses notes. À se demander si la note de passage, c’est 60 % ou 70 %. Ce n’est pas le moment de perdre le système « motivateur ». La 6e, c’est un moment de stress réservé aux examens de fin d’année, aux examens d’entrée au secondaire, et possiblement au stress de réussir ou non à finir le jeu vidéo auquel on joue tout en étudiant pour les examens !

Sur le site « lejdd.fr », on peut lire que « Ce n’est pas en supprimant les notes que l’on va diminuer l’échec scolaire », s’insurge le président de l’UNI (Union nationale inter-universitaire), Olivier Vial, qui parle de « fantasme ». » En effet, il faut aussi ajouter que sans les notes, le système ne marcherait peut-être pas aussi bien. Quelle serait la nouvelle note de passage ? « Bien » ou « à améliorer » ? Comment corriger les exercices ? « je crois que tu as fait une faute ici, mais grâce au nouveau système, tu ne perdras pas de point » ? Sans les notes, nous trouverons toujours des équivalents. Nous dirons que tel commentaire ou telle notation vaut 90 %. Les élèves iront demander à leur professeur combien leur travail aurait valu. « Suite à l’expérimentation en 2009 de la suppression des notes, une classe d’un collège de Roubaix a finalement fait marche arrière, à la demande des élèves, rapporte Olivier Vial. Le niveau avait baissé, l’ambiance s’était détériorée et la motivation avait connu une chute vertigineuse », précise-t-il, avant d’ajouter : « On sait bien que cela ne marche pas. » Le problème, ce n’est donc peut-être pas les notes, mais les accompagnateurs. Lorsqu’un enfant reçoit un 40 %, c’est en fonction de son professeur qu’il estimera ses futurs efforts. Le professeur lui a-t-il mis un commentaire ? Croit-il en lui ? Aurait-il besoin d’aide ? Comment avoir de l’aide ? C’est sûr qu’une mauvaise note arrivée sans explication sera mal reçue. Au primaire, on veut plaire, on veut l’admiration du professeur. Au primaire, j’ai eu de la chance : mes parents m’accompagnaient toujours, et mes professeurs étaient très sympathiques. Ils n’aimaient pas voir leurs élèves « couler » le cours. Apparemment, tous n’ont pas eu cette chance, puisque l’AFEV déclare que « Les notes, c’est rassurant pour tout le monde, mais dommageable et contre-productif. »

Qui sait, pour résoudre le problème, les professeurs aussi pourraient recevoir un bulletin à la fin de l’année, où les élèves auraient tous mis leurs appréciations. Les « À améliorer » et « Tu pourrais faire mieux » retourneraient à l’expéditeur !

Réponse à l’énigme : Pour ouvrir le robinet, il a dû en tourner la poignée et idem pour le refermer. Le savant s’est donc remis du poison sur les mains et en est mort. De plus, s’il mangeait avec ses mains, il aurait aussi contaminé sa nourriture.

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