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POUR VRAIMENT COMPRENDRE L’IRAK (5e partie)

Léo Paquette-Greenbaum - 5e secondaire le 14-10-2014 à 00:55


Ça s’avère long un dossier en cinq volets... mais l’histoire de l’Irak est loin d’être terminée  ! Pour comprendre là où nous sommes aujourd’hui, c’est à dire officiellement en guerre contre l’État islamique occupant l’Irak et la Syrie, il faut revenir là où nous en étions la semaine dernière, à l’aube de la deuxième (troisième) guerre du Golfe.

Avant de commencer, essayons de nous placer dans l’esthétique musicale de l’époque fin années 90 (parce qu’une opportunité comme ça, ça ne se manque pas). Alors... justement à cette époque, un blocus économique imposé par la communauté internationale place de nombreux Irakiens en situation difficile. Alors que l’ONU permet à Saddam Hussein d’échanger le pétrole irakien contre de l’aide humanitaire, ce dernier réussit à détourner une partie des fonds qui lui sont versés. C’est à cette même période qu’on voit le pays se tourner du laïcisme vers une société plus religieuse. Georges W. Bouche se fait élire président des États-Unis. La situation du pays reste misérable jusqu’en 2003, où elle demeurera misérable, mais au moins il y aura du renouveau.

2003. Les États-Unis et de... Oui, mais qu’en est-il des attentats du 11 septembre  ? Bon, l’écrasement des deux avions sur le World Trade Center, ainsi qu’un troisième dans le pentagone, fut une opération djihadiste orchestrée par Al-Qaïda avec à sa tête, Oussama ben Laden. L’implication officielle d’Al-Qaïda en Irak date seulement de 2004. Alors que l’America’s most wanted man avait probablement des liens en Irak dès 2001, il fut principalement associé à l’Afghanistan, à l’Arabie Saoudite, son pays de naissance, et là où il est mort : le Pakistan. Pendant que nous sommes dans le vif du sujet, parlons un peu du Djihad. Ce concept abstrait n’a cessé d’évoluer à travers le temps et varie selon les sphères intellectuelles musulmanes. Le djihad symbolise la lutte du croyant au nom d’Allah. Le djihad peut s’accomplir par le cœur, par la langue, par la main et par l’épée. Cette dernière méthode est attribuée à des groupes militants religieux extrêmes tels l’État islamique, Al-Qaïda ou les talibans.

Bon, en 2003, une coalition menée par les États-Unis prend l’initiative d’envahir l’Irak sans l’autorisation de l’ONU due à l’opposition de la France et de la Russie, détentrice d’un droit de veto au Conseil de sécurité des Nations unies. Les raisons officielles derrière la plus courte (quoique le retrait officiel des troupes s’est fait en 2011) guerre du Golfe s’étendent à la libération du peuple irakien par la démolition du régime dictatorial de Saddam Hussein, à l’instauration de la démocratie, ainsi que la destruction des armes de destruction massive, dont des armes biochimiques similaires à celles utilisées pendant les deux premières guerres du Golfe, ainsi que de prétendues armes nucléaires. Parmi les raisons moins officielles se trouvent des intérêts économiques envers la famille du président, ainsi qu’une méfiance générale à l’égard des mondes arabe et musulman, moins de deux ans après les attentats du 11 septembre. Pour plus de détails concernant ces évènements lors du premier mandat de Bush, je vous recommande Fahrenheit 911, un documentaire de Michael Moore allant peut-être un petit peu trop loin dans le territoire des théories de la conspiration, ne serait-ce que pour le plaisir du public.

Suite à la prise de Bagdad, l’invasion de l’Irak est officiellement considérée comme terminée. Bush lance des messages mixtes de victoire et de peur aux Américains, prolongeant ainsi l’intervention militaire jusqu’au premier mandat de Barack Obama. En décembre 2003, Saddam Hussein est retrouvé dans une grotte par les forces armées américaines. Il sera détenu par les Américains avant son procès au tribunal d’Irak où il sera accusé de crimes contre l’humanité. Selon plusieurs ONG et intellectuels, dont Amnistie internationale, le procès contre Saddam Hussein aurait été non équitable. Il sera condamné à mort par pendaison — la peine de mort en Irak étant rétablie par la Cour d’appel pendant son procès. Il est exécuté en 2006.

De 2003 à 2004, les États-Unis instaurent une autorité provisoire en Irak jusqu’à la nomination d’un gouvernement provisoire irakien où l’on décide par référendum les normes de la constitution du pays. On accorde aussi pour la première fois une réelle importance politique au groupe ethnique kurde et à la majorité religieuse chiite. En 2005 ont lieu les premières élections démocratiques.

Alors que la démocratie plaît à la majorité du peuple d’Irak, une crainte de s’approcher des valeurs occidentales se fait entendre chez certains fondamentalistes religieux. Cette peur de la modernisation contribue largement à l’éclosion de nombreux groupes terroristes, dont l’État islamique. D’abord alliés à la branche irakienne d’Al Qaïda, ces derniers auraient trouvé l’État islamique trop extrémiste. L’État islamique aurait ensuite absorbé Al Qaïda en Irak ainsi que plusieurs autres mouvements terroristes.

Aujourd’hui, les nouvelles concernant l’État islamique se retrouvent aux manchettes des journaux à travers le monde. Voulant un retour du califat en Irak et en Syrie, tout en imposant les strictes règles de l’Islam traditionnel, le groupe occupe une portion inquiétante de ces pays. L’exécution de journalistes occidentaux comme provocation n’affiche qu’une facette de la cruauté de l’organisme. (Récemment, l’État islamique a rétabli l’esclavage des femmes...) Reste à voir quel impact aura l’aide militaire venue d’Amérique qu’avait demandé le gouvernement d’Irak !

Ainsi se poursuit une longue épopée de religion et de pouvoir. Je ne prétends point être expert en la matière historique de l’Irak, mais je peux vous dire avec assurance qu’aujourd’hui je comprends un peu mieux l’épique odyssée de ce pays si intéressant et j’espère que vous y aurez vous aussi acquis une meilleure compréhension.

Voir mes autres articles sur l’Irak ici :
Partie 1
Partie 2
Partie 3
Partie 4

Obsession de la semaine : Lisbeth Salander de la trilogie Millenium

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